L’abominable fruit de la jungle: le durian

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Interdictions dans le métro

Est-ce Dieu possible que d’imaginer une deuxième abomination culinaire après l’expérience du Chuño andin? De mettre à nouveau en émoi nos papilles gustatives à peine remises de la patate maudite? On ne parle pas ici des expérimentations d’un quelconque cuistot fou, comme par exemple, au hasard: la glace pilée aromatisée aux sirops sur son lit de maïs, de haricots rouges et de diverses gelées, que l’on peut mettre sur le compte de la différence culturelle. Non, il s’agit bien de produits naturels qu’on peut trouver sur l’étal de son maraicher asiatique.

Comme s’il était interdit de prendre les transports publics avec ses pélardons ou son munster trop fait.

Durian préparé

Le durian ne passe pas inaperçu, un très gros fruit de la taille d’un ballon de rugby avec une peau à épines molles. De plus, le portrait de l’artiste ne serait pas complet si on ne mentionnait le fait que le durian est à notre connaissance le seul fruit au monde à être interdit de métro (en tout cas, ceux de Singapour et de Bangkok) à cause de son odeur! Comme s’’il était interdit de prendre les transports publics avec ses pélardons ou son munster trop fait. Cette interdiction qui est en soi une consécration rend à sa juste valeur l’odeur qui s’en dégage.  Malgré ce handicap à nos yeux, ce fruit est très apprécié par les asiatiques et se décline en de nombreuses recettes de dessert. La Thaïlande est le plus important producteur de durian au monde (781 000 tonnes en 1999) pour une production mondiale totale de 1,4 millions de tonnes (toujours en 1999). Le fruit se récolte sur un arbre

Un moment de répugnance à surmonter pour passer outre l’odeur

Le moment de vérité

Parce que l’habit ne fait pas le moine et ne pas condamner ce fruit sur son odeur, nous avons – en pleine possession de nos moyens et sans aucune sorte de pression extérieure – franchi le cap. Il y a toujours, malgré toute la bonne volonté du monde, un moment de répugnance à surmonter pour passer outre l’odeur. Une fois pelé, on y trouve cinq quartiers où les graines sont prises dans une gaine de pulpe pâteuse. Grâce leur en soit rendu, les maraichers les proposent à l’unité, vous n’êtes donc pas obligé d’acheter les 5/6 kilos du fruit entier. La première sensation n’est pas désagréable du tout, assez crémeuse et onctueuse en bouche. Mais là où tout se gâte, c’est le gout qui reste dans le palais: oeufs pourris! A 1000 bahts le kilo (25Euros), ça fait cher la crise de foie! Malheureusement, ce n’est pas à la croisée des chemins que nous démystifierons la réputation de fruit qui a tout autant des détracteurs que des partisans. La deuxième tentative, s’il y a, sera peut-être plus convaincante.

Mais chanceux que vous êtes, sachez que ce fruit est exporté et que vous pourrez le trouver en France à la différence du Chuño. L’expérience est donc à portée de main (ou de bouche) pour peu que vous passiez près du XIIIème arrondissement parisien.

Source: Wikipedia