Singapour, l’Asie pour les débutants

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Centre commercial

Singapour aura été notre porte d’entrée en Asie. Si ce n’est son climat chaud et humide, on aurait pu tout aussi bien se croire dans n’importe quelle ville d’Europe ou d’Amérique du Nord, avec ses mêmes boutiques, ses mêmes fast-foods, son même rythme de vie à 100 à l’heure centré sur le travail. En déambulant dans ses rues, nous avons été frappé par sa propreté et le nombre de ses “temples de consommation”.

Nous avons quelque peu hésité sur le titre de l’article. On avait d’abord pensé à “Singapour, le paradis des riches”, car il n’y a pas de mendiants dans le métro (un nouvel indicateur de pauvreté!). Ou encore, à “Singapour, le Disneyland asiatique”, car tout semble trop parfait pour être vrai. Finalement, c’est notre hôte Martin qui nous a soufflé la réponse: Singapour, l’Asie pour les débutants, car son mode de vie est tellement européanisé qu’il est facile de s’adapter, avant de s’enfoncer plus dans l’Asie. Peut-être en Malaisie, le pays voisin ? Lui qui a pour slogan touristique “Malaysia, truly Asia” (Malaisie, l’Asie vraiment authentique). Ca tombe bien c’est notre prochaine destination!

L'intérieur du métro!

Que dire sur Singapour? Tout d’abord que cette cité-état est une ancienne colonie anglaise fondée en 1819 par Sir Thomas Stamford Raffles. Pour en connaitre plus sur les tribulations de Sir Raffles, nous ne pouvons que vous conseiller la lecture de L’Anthropologue mène l’enquête de Nigel Barley (Ed. Payot, 2002) qui mêle les déboires de la recherche anthropologique de l’auteur avec la biographie de Raffles, le tout avec humour. Dans un premier temps, Singapour fait partie de la Malaisie à l’indépendance en 1957 puis fait sécession pour devenir indépendante en 1965. De sa période britannique, elle garde – entre autre – un très bel anglais qui est d’ailleurs une des langues officielles de la cité-état.

Sinon, on se demande bien comment Singapour a pu faire partie des dragons asiatiques dans les années 80 ou encore comment elle peut être constamment classée en haut des palmarès des villes les plus agréables à vivre.

Un vestige du passé: le city hall

D’une part, ses 600 km2 ne recèle aucune ressources naturelles, ni même suffisamment d’eau douce pour ses 4,5 millions d’habitants, sans parler de l’absence de cultures agricoles. Par conséquent, 70% de son eau est importé de Malaisie (alors que l’eau du robinet est potable à Singapour, elle ne l’est pas en Malaisie!) et elle est totalement dépendante de ses voisins sur le plan alimentaire. Le reste de sa consommation d’eau provient d’usine de désalinisation de l’eau de mer, de quelques lacs artificiels réservoirs d’eau douce ou enfin du recyclage des eaux usées. Au sujet de l’alimentation en eau de Singapour, nous vous recommandons un chapitre de “l’avenir de l’eau” d’Eric Orsenna.

Pourtant, Singapour aurait la plus forte concentration de millionnaires rapportée à sa population! C’est d’abord sa situation géographique qui l’a propulsé économiquement. Le pays est idéalement positionnée entre l’Europe et l’Asie, historiquement sur la route maritime des épices. De fait, les forets tropicales infestées de moustiques et de parasites ont vite du céder leur place à un port commercial qui est aujourd’hui le deuxième mondial en terme d’exportation et de trafic maritime. La matière grise constitue une autre ressource importante: avec entre autres, conseils informatiques, laboratoires de recherches pharmaceutiques et services bancaires (d’où son surnom la “Suisse asiatique”).

La circulation

Quant à la douceur de vivre de Singapour, elle nous échappe encore… Certes, les rues sont propres et constamment entretenues par des agents communaux, il y a des poubelles tous les 50 mètres, les toilettes publiques sont propres et omniprésente (il y en a même dans le métro!). Certes, on y trouve de tout à n’importe quelle heure du jour et de la nuit (certains centres commerciaux et food court sont ouverts h24!). Il faudra nous expliquer l’utilité du centre commercial dédié aux nouvelles technologies ouvert 24h sur 24. Mais… 4,5 millions d’habitants à caser dans 600 km2, ça en fait du monde! D’autant, que la superficie doit être partagée entre logements, bureaux, transports publics, parcs d’attractions, quelques hectares de forets tropicales, installations militaires, etc.. Du coup, il a fallu construire haut, et ne pas hésiter à faire table rase du patrimoine architectural du pays. Aujourd’hui le ciel n’est plus caché  par des arbres gigantesques de la foret tropicale mais par des grattes-ciels de la hauteur de la Tour Montparnasse!

On n’ose imaginer la sensation d’enfermement si l’on devait y passer toute notre vie… Vous voyez vivre dans le quartier de la Défense?