Récuperons la mer: la suite !

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Lever de soleil sur la mer chilienne

Comme toute bonne série à suspense, les prétentions territoriales des perdants de la Guerre du Pacifique connaissent une suite. Cette fois-ci, le protagoniste principal n’est plus la Bolivie mais le Pérou ! Dans le rôle du méchant, le Chili a été reconduit.

Le 16 Juin 2008, le gouvernement d’Alan Garcia a déposé une requête contre le Chili auprès de la Cour Internationale de Justice de la Haye, organe judiciaire des Nations Unies à propos de la délimitation des frontières maritimes dans l’Océan Pacifique. Un des objets de la cour est d’arbitrer les différents frontaliers, notamment écologiques et représente l’ultime espoir lorsque toutes les voies diplomatiques ont été explorées. Pour les plaignants, il s’agit aussi d’une certaine victoire, puisqu’elle symbolise la reconnaissance de l’existence d’un problème.

Le Pérou réclame  qu’une ligne équidistante des frontières (méthode recommandée par les Nations Unies) remplace le parallèle qui délimite actuellement les eaux territoriales et qui date du traité signé  en 1929 suite à la Guerre du Pacifique. Le jugement devrait être rendu en 2013, et lors de son discours d’investiture, Ollanta Humala a confirmé qu’il respecterait la décision du tribunal, quelle qu’elle soit.

Dans les années 80,  Le Pérou a cherché à négocier avec le Chili à propos de cette frontière maritime mais celui-ci fort de sa position économique et militaire a toujours refusé la négociation d’autant plus qu’il respecte les traités bilatéraux.

Devant ces questions de relations internationales, on ne peut s’empêcher de se demander quel est l’intérêt du Pérou de réclamer ce petit bout de mer. Autant la requête de la Bolivie est compréhensible au vu de l’importance pour son développement économique d’un débouché sur la mer, autant  l’intérêt de celle du Pérou reste flou. En effet, il possède déjà plus de 3000Km de côte, et l’aire en contentieux, même si elle est riche en anchois, ne devrait pas beaucoup changer la donne (surtout qu’elle ne possède pas de ressources combustibles fossiles). Alan Garcia se serait ainsi servi de l’ennemi “traditionnel” chilien afin d’exalter un sentiment nationaliste et rallier à sa cause les oubliés de ses réformes ultra-libérales. D’autre part, l’aire maritime réclamée par le Pérou concerne exactement l’espace que la Bolivie pourrait exploiter dans le cadre d’un corridor le long de la frontière Pérou-Chili pour l’accès à la mer. Ainsi, avant tout discussion possible entre la Bolivie et le Chili, il faut résoudre ce problème là.!

Toutefois, le fait de porter l’affaire devant un tribunal international, pourrait donner des idées à Evo Morales qui  a épuisé tous les recours diplomatiques bilatéraux et multilatéraux.