A la croisée des chemins

Le blog de notre tour du monde et de notre vie en Guyane

Rencontre avec les singes écureuils de l’Ilet La Mère

L’ilet la Mère, la seule accessible au public dans le groupe d’îles au large de Cayenne

A l’occasion des grandes vacances scolaires, la Ville de Cayenne organisait une sortie à l’Ilet La Mère. Même s’il est tout à fait possible de s’y rendre de façon autonome, l’intérêt de la visite proposée par la Mairie reposait sur la présence d’un guide du PNRG (parc naturel régional de Guyane). Grâce à ses commentaires éclairés sur la faune et flore du coin, il a considérablement enrichi la balade du tour de l’île.

Avec le Père, les Mamelles, l’Enfant perdu et le Malingre, l’îlet la Mère fait partie d’un groupe de petites îles que l’on aperçoit au large de Cayenne. La légende dit qu’une famille se serait échouée sur ces différentes îles qu’on aurait alors baptisées ainsi en l’honneur de ces disparus aux noms inconnus.

Après avoir été successivement occupé par les amérindiens, les jésuites et les bagnards, aujourd’hui, l’île est la propriété du Conservatoire du Littoral, qui a souhaité en faire un lieu d’accueil du public, uniquement en journée. Les autres îles font l’objet d’une protection totale. Plusieurs sentiers de randonnées existent sur l’île. D’abord, le tour de l’île qui s’effectue en une heure trente et le sentier du sémaphore – que nous n’avons pas emprunté – où la vue serait imprenable car se situant dans les hauteurs.

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Vue sur l’embouchure du Mahury depuis l’ilet la mère

Le trajet en bateau traverse l’embouchure du Mahury

Pour s’y rendre, un seul prestataire propose un convoi en bateau le « Papi Jo ». La traversée dure entre 30 et 45 minutes depuis le Dégrad de Cannes, la « marina » de Cayenne. Elle n’est pas facile à trouver et en longeant la cimenterie de Guyane, on a du mal à se dire qu’on va débarquer dans un port de plaisance ! A vrai dire, la marina fait aussi office de port de pêche et de commerce, tellement tout se juxtapose !

Sur un malentendu, nous nous y sommes rendus tôt et avons été étonné de constater qu’il y avait pas mal de plaisanciers en escale. Au petit matin, ils émergent doucement pour promener leur chien, sortir les poubelles, ou bien sont déjà à l’œuvre à faire des réparations sur leur bateau avant les heures les plus chaudes.

Notre bateau enfin amarré, nous avons pu embarquer depuis l’unique ponton brinquebalant du port de plaisance. D’abord naviguant sur le fleuve Mahury, avec en toile de fond, la mangrove, nous entrons progressivement dans l’océan. Devant nous, le petit groupe d’îles commence à se dessiner, derrière nous, la montagne du Rorota en forme de table domine le paysage côtier. Notre guide nous explique que c’est une vraie chance de pouvoir observer du relief sur le littoral du plateau des Guyanes.

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Comme ils ont l’air mignon!

L’échange avec les saïmiris, d’abord rigolo, devient vite agaçant…

L’un des principaux attrait de l’île est le contact très facile que l’on peut avoir avec les Saïmiris – dit singe écureuil de par l’agilité dont ils font preuve pour grimper à toute vitesse le long des arbres. De prime abord, ils se sont montrés plutôt sympathiques tout au long de la randonnée. Assez discrets, nous nous rendions compte qu’ils nous suivaient quand nous faisions des arrêts pour écouter les explications du guide. On entendait alors les feuilles bouger et apparaissaient leur petite tête curieuse à l’affut de nos moindres gestes.

Ils sont vite devenus intrusifs, voire pénibles, lorsque nous avons voulu sortir notre pique-nique… Même en les menaçant d’un bâton, cela ne les empêchait pas de s’acharner sur nous, montant sur notre dos, notre tête, volant effrontément ce que nous avions dans les mains ! A un moment, ils s’en sont même pris à la couche pleine de pipi de notre enfant ! Ils n’ont pas hésité à nous sauter dessus, à se servir de nous comme appui dans leurs quêtes effrénés de nourriture… Ah ça, on peut dire qu’ils ne sont pas du tout farouches ! Quand on pense que sur les sentiers de randonnées autour de Cayenne, il faut se tordre le cou pour essayer d’entre-apercevoir ne serait-ce qu’un bout de queue !

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oh! il se rapproche

Dans les années 80, ces singes ont fait l’objet d’expérimentation par l’Institut Pasteur dans le but d’élaborer un traitement antipaludique. En 2001, les recherches ont été arrêtées, et les singes, maintenus en cage sur l’île, ont tous été libérés. C’est ce qui explique pourquoi ils sont si habitués à la présence humaine.

Quoiqu’il en soit, devant leur ténacité (et surtout leur nombre), nous avons vite compris que nous allions devoir attendre de quitter l’île pour pouvoir espérer manger en paix…En effet, sous une pluie battante, il n’était pas possible de se réfugier sur la plage, où nous aurions été tranquilles car ces singes n’aiment pas l’eau.

Ceci dit, afin de rassurer de futur promeneurs, nous avons remarqué qu’ils étaient très précautionneux avec les enfants, ne sortant jamais les griffes, ne montrant pas les dents – ce qui n’est pas le cas entre eux quand ils se chamaillent pour un bout de sandwich… On peut leur faire confiance… sauf pour les poux d’agouti dont ils se sont volontiers débarrassés sur nous…

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Maintenant, il est sur notre table de pique-nique…

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