A la croisée des chemins

Le blog de notre tour du monde et de notre vie en Guyane

Survol de la forêt amazonienne : un moment inoubliable

Non, nous n’avons pas participé au tournage d’un documentaire sur la forêt amazonienne… Plus prosaïquement, pour nous rendre un week-end à Saul, un village de 150 âmes en plein cœur de la forêt, nous avons emprunté un petit coucou de 17 places qui vole à basse altitude.

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Carte de la Guyane (source: guide du routard)

Les différences avec un avion long courrier

A l’aéroport de Cayenne, nous attendons avec excitation, mêlée d’appréhension notre vol pour Saul : nous savons que nous allons vivre une expérience extraordinaire, mais, pour moi, qui ait l’estomac un peu fragile, j’ai peur de ne pas l’apprécier à sa juste valeur. Je me rassure mentalement en me rappelant que la durée du vol n’est, après tout, que de 45 minutes

Au comptoir d’enregistrement, nous devons nous plier au même rituel de pesage que nos bagages. Est-il déjà arrivé, un jour, que les passagers et bagages réunis dépassent le poids maximal qu’est capable de supporter l’avion ?

Ce n’est pas le haut parleur de l’aéroport qui nous invite à nous rapprocher de la porte d’embarquement, mais un agent en chair et en os qui nous sert de guide pour nous rendre, à pieds ( !), dans l’avion. Etant donné sa taille, l’avion ne peut évidemment être collé à la salle d’embarquement et comme nous sommes peu nombreux et que la distance à parcourir est minimale, il est bien plus pertinent de s’y rendre à pieds ! Nous traversons le tarmac, qui est complètement désert, comme à son habitude – il y a peu de vol en partance de Cayenne et certainement jamais en même temps !

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le coucou qui nous conduit jusqu’à Saül

L’avion ne comporte pas de soute et les bagages sont attachés à l’arrière. Les sièges sont pliables, car, en d’autres occasions, il sert à transporter des marchandises pour les villages isolés. C’est aussi la première fois que nous côtoyons de près les pilotes, qui, faute de place, n’ont pas de cabine fermée.

Le décollage étant prévu à 13h, il fait une chaleur étouffante dans ce si petit espace, aucun dispositif de climatisation ne nous apporte la fraîcheur convoitée ! Il n’y a pas non plus de protocole de pressurisation de l’avion, car à l’altitude où volera le coucou, nous pourrons aisément continuer à respirer.

Quand la forêt nous révèle toute son harmonie

Enfin, nous partons et on a alors l’impression de vivre au ralenti. L’avion prend tout son temps pour s’élever dans le ciel, comme pour nous offrir sur un plateau d’argent le spectacle de la forêt tropicale à perte de vue. En prenant de la hauteur, on a l’impression que les arbres sont en parfaite harmonie, qu’il n’y en a pas un plus haut que l’autre. On dirait même que l’océan qui borde Cayenne continue sa course jusque dans les terres, mais qu’il a juste changé de couleur, car la forêt nous semble unie plus que jamais et qu’elle prend toute la place dans l’horizon.

Parfois, l’équilibre de la forêt est rompu par un feuillage d’une couleur différente ou bien une crique ou encore, un inselberg (relief rocheux au milieu d’un plateau subhorizontal) qui tente désespérément de se différencier au milieu de cette domination du vert.

A mon grand étonnement, le bruit de l’avion n’est pas assourdissant et si ce n’était de survoler l’Amazonie, on se mettrait facilement à somnoler, bercé par le bourdonnement régulier du moteur.

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Saül vu du ciel

Finalement, je ne suis pas mécontente d’arriver au village, car, même si nous avons eu la chance de ne pas traverser de perturbations, mon estomac apprécie peu les mouvements de l’avion, lui qui ne peut se délecter de la beauté du paysage…

Pour notre vol retour, les formalités de sécurité sont réduites au minimum du fait de l’absence de portique de sécurité dans l’exigu aérodrome de Saul, nous avons même le luxe de transporter notre bouteille d’eau ! Nos billets sont rédigés à la main et nos bagages ne sont pas engloutis dans d’obscurs tunnels de tapis roulants. Les pilotes, en mode détente, attendent tranquillement, à côté de l’avion, que les passagers s’installent. Comme il n’y a pas de programme de vol et que tous les passagers sont là, nous partons même en avance !

Le vol retour ressemble beaucoup à celui de l’aller, à la différence qu’un nouveau spectacle de la nature se donne à nous : celui de voir la pluie s’abattre sur la forêt vue du ciel. Les nuages étant disséminés, nous ne faisons que la côtoyer, nous ne la subissons pas. La pluie forme alors un voile blanc au-dessus de la forêt, comme si elle voulait se marier avec elle. Elle tombe, d’ailleurs, d’un léger mouvement ondulé, semblable à celui du voile d’une mariée qui s’avance vers l’autel de l’église… On a alors l’impression d’assister à une communion des éléments de la nature, et cette vision est tellement belle qu’on essaye d’enregistrer ces images au plus profond de notre mémoire, les photos ne rendant qu’une pâle copie de la réalité.

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Quand la pluie s’abat sur la forêt

Informations pratiques

En guise de conclusion, quelques informations pratiques pour acheter ses billets pour Saul. Pendant la saison sèche, il faut s’y prendre bien deux mois en avance pour espérer trouver des billets le week-end (en semaine, un séjour peut se décider à la dernière minute). Il est possible de les acheter directement sur internet sur le site d’Air Guyane, la compagnie qui dessert les communes intérieures du territoire. A l’aller (Cayenne-Saul), il faut se plier aux mêmes formalités de sécurité que pour un vol long courrier. Se rendre une heure avant l’heure du vol à l’aéroport est largement suffisant, car le comptoir d’enregistrement n’ouvre pas avant.

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