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Les journées du Patrimoine en Guyane: visite de Loyola

A l’occasion des journées européennes du patrimoine, nous avons eu le privilège de nous faire commenter les vestiges de la célèbre habitation jésuite Loyola par celui-même qui, après des années de fouilles acharnées, a découvert le site et surtout, initié une valorisation de celui-ci.

Aux premiers abords, l’endroit ne nous évoque que quelques tas de pierre reconstitués par l’homme contemporain. C’est en écoutant avec quelle ardeur ce professeur agrégé raconter l’histoire de cette habitation, que nous nous rendons compte du formidable apport que constitue ces ruines pour le patrimoine guyanais.

La recherche du bâtiment principal de l’habitation représente une véritable quête du Graal pour les quelques passionnés de l’archéologie en Guyane. Se basant sur des documents d’archives signalant l’existence d’une puissante habitation jésuite, ils n’ont eu de cesse de la chercher sur la commune de Rémire-Montjoly. Et après des années à sillonner la forêt guyanaise autour de cette commune, enfin, l’habitation s’offrait à eux ! C’est-à-dire… quelques cailloux disséminés ça et là sous un parterre de végétation, qui ont pourtant été suffisant pour signaler la présence d’êtres humains dans ce sous-bois guyanais.

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Vestige de l’habitation Loyola

Un deuxième combat commençait alors : la valorisation de ces ruines.

En parcourant les multiples sentiers de randonnée autour de l’agglomération cayennaise, on sait maintenant bien se représenter le « concept » de végétation luxuriante, aussi il n’est pas difficile d’imaginer l’état du site quand il a été découvert.

Ce qui est plus impressionnant, c’est d’en voir les résultats aujourd’hui, fruit d’un effort opiniâtre : une clairière au milieu de la forêt et des ruines parfaitement bien reconstituées. Soulignons que ces travaux ont vu le jour grâce à l’impulsion d’une initiative privée et grandement aidé par de l’investissement bénévole.

D’ailleurs, il n’est pas rare de croiser notre guide en train d’entretenir lui-même le site pendant ses heures perdues. Dans un silence presque monacal, il manipule le balai avec minutie et on imagine son esprit projeté dans l’ambiance de l’habitation de l’époque… Il est d’ailleurs assez incroyable d’envisager que seul un ou deux jésuites géraient le domaine agricole qui exploitait quelques 500 esclaves! Même si les jésuites n’hésitaient pas à appliquer le « code noir » en matière de sanctions, ils avaient pourtant la réputation de « mieux traiter » leurs esclaves. Les femmes, tout d’abord, étaient à l’abri de violences sexuelles, les jésuites ayant fait vœu chasteté. Puis, le dimanche était chômé, ce qui était rarement le cas dans les autres habitations. Enfin, les esclaves étaient nourris au moins une fois par jour et un hôpital leur était ouvert en cas de maladie.

Ce que nous a appris cette visite, c’est que, dans ce climat tropical où l’on dit que la nature y est plus hostile que dans les régions les plus froides de notre planète, l’homme est finalement bien peu de choses à l’échelle du temps.

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Tombe

En effet, comment imaginer que la plus grande habitation de Guyane, qui a contribué au développement du territoire pendant plus d’un siècle, et dont le pouvoir de ses propriétaires, les jésuites, contraignait jusqu’aux gouverneurs eux-mêmes, ait pu être réduit en ruine et voire même « oubliée » de la mémoire collective ?

La présentation du cimetière complète ce tableau plein d’humilité pour l’homme : on nous explique qu’au bout de 5 ans, il ne reste rien du corps humain enterré sous la terre, ni dents, ni effets personnels, tout est redonné à la terre nourricière…

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