A la croisée des chemins

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L’aéroport américain de Cayenne

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La tour de contrôle.

Vous pensiez trouver des bons plans pour venir en Guyane ? En fait, il s’agit pour nous, plutôt de l’opportunité de nous pencher sur l ‘histoire de l’aéroport de Cayenne et laisser aussi pour une fois de côté les bateaux.

L’aventure de l’aviation en Guyane a débuté en 1919 avec Jean Galmot et les hydravions de la TAG (Transports Aériens de Guyane), qui desservaient Saint Laurent du Maroni et les sites aurifères à l’intérieur des terres. Il faut donc attendre la deuxième guerre mondiale et les… américains pour que la Guyane se dote d’un aéroport !
En 1943, alors que la Guyane vient de se rallier à la France Libre, les américains sont à la recherche d’un aéroport pour faire l’escale technique des bombardiers en route pour l’Afrique. Ils choisissent Cayenne et le site actuel. L’aérodrome du Gallion qui existait déjà quelques kilomètres plus loin ne pouvait pas accueillir les DC3 de l’armée américaine pour cause de terrain trop mou. Le premier qui s’y posa s’y embourba.

Source: Wikipédia

Source: Wikipédia

La construction de l’aéroport débute en mars 1943 pour 10 mois de travaux. Lorsque la guerre s’achève, il n’y a aucun accord qui prévoit la rétrocession, l’aéroport reste donc américain. En 1947, quand la Guyane devient un département français le problème se pose à nouveau. De Gaulle est alors obligé de sortir le carnet de chèque (300 000 dollars) pour le récupérer. Et ce n’est qu’en 1949 que l’aéroport de Cayenne devient officiellement français. Il garde son nom d’origine qui, quelques décennies plus tard, créera la polémique. Les américains l’ont appelé Rochambeau en l’honneur de Jean-Baptiste Donatien de Vimeur, Comte de Rochambeau et accessoirement ami de George Washington. A la tête de 6000 hommes, il l’aida à bouter la vile Albion du territoire américain lors de la guerre d’indépendance (1775-1782). Un signe fort s’il l’en est de l’amitié franco-américaine.

Malheureusement, cet homme eut un fils – Donatien-Marie-Joseph de Rochambeau qui lui, même s’il participa à la guerre d’indépendance américaine aux côtés de son père, s’illustra plutôt à Saint-Domingue dans un autre domaine. Oui, lui ce qui va faire sa renommée, c’est la chasse à l’esclave révolté, mater de la rébellion et de temps en temps donner quelques esclaves à manger à ses chiens.

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Félix Eboué sur la place des Palmistes

Alors quand la délégation d’auteurs haïtiens invitée au salon du livre de Cayenne arrive à l’aéroport Rochambeau, ils n’apprécient guère la plaisanterie. En même temps, on peut s’étonner d’avoir attendu aussi longtemps avant de prendre conscience de l’affront. Quoiqu’il en soit, en 2002, le processus de changement de nom est relancé. Si dans un premier temps, c’est le nom de Cépérou qui recueillait le maximum de voix, le nom du chef indien qui eu la malchance d’accueillir les premiers colons français, c’est au final celui de Félix Eboué qui emporte la mise. Au mois de janvier 2012, le nom de l’aéroport est officiellement changé pour Aéroport Félix Eboué.

Aujourd’hui, l’aéroport accueille 400 000 voyageurs et peut-être qu’un jour nous pourrons réserver des vols pas chers avec n’importe quel comparateur de vol. Mais malheureusement, il ne reste rien de son passé américain.

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