A la croisée des chemins

Le blog de notre tour du monde et de notre vie en Guyane

Un Dimanche à Cacao

La halle du marché de Cacao

La halle du marché de Cacao

Pour notre première sortie à l’extérieur de l’île de Cayenne, nous avions jeté notre dévolu sur le petit village de Cacao. Déjà rien que le nom excite l’oreille mais l’histoire de la bourgade attise encore plus la curiosité. La route qui mène vers Cacao, la RN2, est une première plongée dans la jungle amazonienne. Et si la mousson qu’on appelle ici « saison des pluies » nous rappelait la Thaïlande, la luxuriance de la forêt renforce ce sentiment. On arrive à se demander si par inadvertance ou somnambulisme nous n’aurions pas pris l’avion pour nous ramener là-bas à l’insu de notre plein gré. Mais heureusement Cayenne ne ressemble pas encore à Bangkok.

Marché de Cacao: Soupe Pho

Marché de Cacao: Soupe Pho

La route quoique en bon état est sinueuse et les dix derniers kilomètres le sont encore plus. Mais les efforts sont récompensés quand on s’arrête au point de vue de Bellevue et qu’on surplombe une marée verte à perte de vue. Première fois qu’on se retrouve au dessus de la canopée : à couper le souffle. Mais si l’on vient d’aussi loin c’est que la principale attraction du dimanche matin à Cacao réside dans son marché aux légumes. Puisque les Hmongs sont les principaux maraichers de Guyane, c’est l’opportunité de s’approvisionner à la source et de faire des économies (en moyenne 50 cents moins chers par kilo qu’au marché de Cayenne pour ceux que ça intéresse). Mais pour les gourmands que nous sommes, c’est avant tout la possibilité de goûter à plein de spécialités de la cuisine laotienne : soupe Pho, beignets, raviolis, nems, samoussas ou encore bo bun. Car autour des étals de fruits, quelques restaurants de rue ont installé chaises, tables et parasols pour accueillir les cayennais en goguette. Il y a aussi quelques stands d’artisanat et notamment de broderies Hmong. Pour une journée, nous quittons donc l’Amérique du Sud pour nous retrouver en Asie du Sud-Ouest. L ‘architecture des maisons en bois n’est pas non plus sans rappeler la Thaïlande : au rez-de-chaussée, les parties communes ouvertes sur l’extérieur tandis que les chambres à l’étage sont privées. Dans les rues de terre battue, les hommes promènent leurs oiseaux en cage. Peut-être que comme Lek que nous avons rencontré à Koh Lanta, participent-ils à quelques concours de chants improvisés.

La halle du marché de Cacao

La halle du marché de Cacao

Etals du marché de Cacao

Etals du marché de Cacao

Un oiseau attend

Un oiseau attend

L’autre attraction de Cacao est le musée du Planeur bleu, indiqué dans tous les guides et qui rassemble une collection hétéroclite de pièces et billets, d’insectes morts et vivants et de sa serre à papillons. La visite vaut le détour avant tout pour son guide-propriétaire qui sait mettre en avant toute sa passion et son savoir pour les insectes guyanais et nous fait partager la richesse du biotope. C’est aussi l’occasion de voir de près, voire de très près des mygales et d’en apprendre un peu plus sur cet animal mal-connu sur lequel on projette plein de fantasmes. Alors non la mygale guyanaise n’est pas mortelle et puis de toutes façons, elle ne vous mordra que si elle se sent acculée et dans l’incapacité de fuir. D’ailleurs elle est victime de son attrait et est chassée pour terminer dans des vitrines. Le propriétaire en relâche ainsi une centaine par an dans la nature pour ré-équilibrer les comptes.

Visiter Cacao nous a transporté à 10 000km de l’Amérique du Sud pour une journée, le dépaysement, comme si cela ne suffisait pas d’être en Guyane, est surprenant.