A la croisée des chemins

Le blog de notre tour du monde et de notre vie en Guyane

Premiers pas en Guyane

La forêt à perte de vue - Cacao

La forêt à perte de vue – Cacao

Notre départ semble un poil précipité mais ce sont des circonstances particulières qui ont voulues que nous nous envolions vers ce nouveau territoire aussi rapidement à peine les trois mois de préavis réglementaire déposés. Ce n’est pas nous qui avons choisi cette destination mais ce serait plutôt la Guyane qui nous a choisi. Trouver un vol avec Lastminute à cette période de l’année a relevé de l’exercice de style. Mais en fin de compte, il nous fut plutôt facile de trouver un aller simple.

Nos billets d’avion en poche, nous faisons donc connaissance avec Air Caraibes et il faut dire que le premier contact (et la classe intermédiaire) est des plus agréables. Les dix heures de vol ne présentent pas de problème majeur, seule la dernière heure est agitée principalement à cause de notre excitation. A l’approche de Cayenne, l’avion survole la forêt amazonienne pendant de longues minutes. Le bleu de l’océan cède donc sa place au vert émeraude de la végétation. A perte de vue, des branches, des feuilles, du vert, le poumon du monde qu’il nous tarde d’explorer. Se serre sur le littoral donc Cayenne, comme poussée à la mer par la pression de la forêt.

A notre descente de l’avion, la lourdeur du climat s’abat sur nos frêles épaules, l’odeur caractéristique des pays chauds et humides se fait sentir, une légère odeur de moisi qui s’évanouit avec l’habitude. Le soleil est au rendez-vous.

Rue de Cayenne

Rue de Cayenne

Dans le taxi qui nous amène vers le centre-ville, la conversation s’engage avec le chauffeur. A travers la vitre, la forêt laisse sa place aux centres commerciaux : But, Carrefour, Géant etc… Rien que de bien familier. Les 4*3 sur le bord de la route par contre sont en créole. Enfin commence la ville et ses édifices bas mais pas encore de maisons créoles. Des noms repérés sur la carte quelques jours auparavant prennent maintenant vie et deviennent bien concrets. Tous ces nouveaux noms qui pour le moment nous semblent tellement exotiques, nous deviendront dans quelques temps totalement familiers au fur et à mesure que, par la force des choses nous nous approprierons ces lieux et les ferons notre. Dans la nuit tombante, les contours s’estompent et les détails perdent de leur netteté. A notre arrivée, quelques chiens errants faméliques nous accueillent sur le parking. C’est la preuve irréfutable que nous sommes bien en Amérique du Sud.

Place des Palmistes - Cayenne

Place des Palmistes – Cayenne

Les premiers jours se déroulent entre adaptation au climat et démarches logistiques. Nos glandes sudoripares s’en donnent à cœur-joie, un véritable décrassage après ce long hiver qui fut le notre en métropole et pendant lequel elles se retrouvèrent au chômage technique. Le temps nous rappelle la mousson que nous avons précédemment rencontré en Thaïlande. La saison des pluies, particulièrement généreuse cette année, tire à sa fin et quelques orages font encore de la résistance. Ils ne sont pas de trop puisque avec eux l’air se met en mouvement et nous délivre pendant quelques instants de la torpeur tropicale. Et les gens que nous rencontrons de nous répéter : « et encore là, il ne fait pas chaud, vous verrez en Octobre!». Il y a des phrases que l’on préfère ne pas écouter, qui rentrent par une oreille et ressortent par l’autre, autre courant d’air salvateur dans ce climat chaud. Sous ces latitudes assez proches de l’équateur, il est difficile de se dire qu’on est en France et pour éviter tout imper et ménager la susceptibilité locale, comme un mantra, nous nous répétons en boucle « Il faut dire métropole… Il faut dire métropole… il faut dire métropole… ».

A suivre…