A la croisée des chemins

Le blog de notre tour du monde et de notre vie en Guyane

La Guyane, un territoire enclavé?

Carte d'Amérique du Sud

Carte d’Amérique du Sud

En regardant la place de la Guyane sur une carte, on se prend à rêver d’innombrables voyages et puisque avec le tour du monde, nous n’étions pas arrivés à remplir intégralement notre passeport de tampons, nous nous sommes dits que nous tenions là l’opportunité d’y parvenir. Sur l’atlas qui nous sert de livre de chevet, la Guyane est idéalement placée : relativement proche des pays bolivariens (Colombie, Venezuela) qui nous restent à découvrir, frontalière du géant de la région le Brésil que nous n’avons connu uniquement grâce à une escale de trois jours à Rio et résolument tournée vers l’Océan Atlantique et les Caraïbes. C’est pour nous aussi l’occasion de mettre un emplacement sur tous ces noms qui ont défilé lors de l’ouverture des Jeux Olympiques de Londres : Curaçao, Aruba, les Grenadines ou encore Montserrat

Un avion dans le ciel guyanais

Un avion dans le ciel guyanais

Pourtant la réalité est tout autre. Ici pas de vol pour Rome ni pour Rio, l’aéroport ne dessert que la métropole, Fort-de-France ou Pointe-à-Pitre. Une fois par semaine, Air Surinam amène les voyageurs à Paramaribo, la capitale du Surinam voisin. Des rumeurs font état de l’ouverture prochaine d’une ligne vers Bélem au Brésil, aéroport à partir duquel il serait alors possible de rejoindre le reste du Brésil. Mais à chaque tentative de nouvelles liaisons, les compagnies se sont cassées le nez. La réalité veut que le bassin de population ne soit pas assez important pour rentabiliser ses lignes et que chacune est vouée à l’échec ou peu s’en faut. Il paraît pourtant qu’à une certaine époque le concorde faisait son escale technique à Cayenne sur sa route vers Rio. Air Guyane soutenu par les pouvoirs publics locaux assure les liaisons avec les villes de l’intérieur et des petits coucous font donc les trajets quotidiennement, véritable vecteur de survie des ces populations isolées. Il faut 5 jours de pirogue pour acheminer de la marchandise de Saint-Laurent du Maroni jusqu’à Maripasoula, moins d’une heure en avion !

Pont sur la Comté - Guyane

Pont sur la Comté – Guyane

Et le pire dans tout ça? On ne peut pas non plus s’échapper par voie terrestre car deux fleuves servent de frontières naturelles! Au nord-ouest, à Saint Laurent du Maroni, seul un bac permet de passer de la France au Surinam en traversant le Maroni. La situation de l’autre côté, au Sud-Est, à Saint Georges de l’Oiapoque, est un peu meilleure puisque un pont flambant neuf relie la France au Brésil enjambant l’Oiapoque. Une lueur d’espoir ? Malheureusement rapidement éteinte puisqu’il n’est pas encore en service : les brésiliens n’ont pas fait les aménagement nécessaires de leur côté. Ils ont cependant promis de faire des efforts pour une ouverture officielle en 2014. Et puis de toutes façons, la première grosse ville – Macapa – est à plus de 600Km de route à travers la forêt amazonienne. Quoiqu’il en soit, on se rend compte alors combien il est difficile dans ce cas de développer le commerce international avec ses voisins.

Il ne reste dès lors plus que le bateau : la pirogue pour s’enfoncer sur les méandres des fleuves guyanais et le catamaran pour voguer vers les Caraïbes… Finalement, il y avait peut-être une raison pour établir des bagnes en Guyane… Mais si le rêve du voyageur est frustré, il n’en reste pas moins que la Guyane est un super territoire à explorer.