La logistique de l’hébergement en tour du monde

Quelques conseils et astuces sur la meilleure manière de trouver un logement en tour du monde.
Chambre d'hôtel à Pingyao - Chine

Chambre d’hôtel à Pingyao – Chine

Dans la logistique quotidienne d’un tour du monde, trouver un logement occupe sans doute un des postes de dépense financière mais aussi temporelle les plus importants à part égale avec la bouffe et le transport. La recherche de l’hôtel bien placé, pas cher, propre et avec une vue magnifique relève du saint graal du voyageur et à moins un budget lui aussi bien confortable, il faudra en tour du monde plus que pour tout autre voyage, savoir faire quelques concessions sur ses envies. La première question à laquelle on se doit de répondre est :

Comment trouver un hôtel ?

Tout d’abord il y a la manière que toute personne lisant ces lignes connait et nous n’y trouverons rien à redire : grâce à son guide papier traditionnel, on est assuré de trouver une valeur sûre répondant à certains critères de qualité et à un certain budget. Éprouvé et approuvé par de nombreuses générations de voyageur, l’hôtel a su au fil des ans satisfaire une clientèle exigeante de touristes occidentaux. Attention au piège cependant, quand il y a longtemps, trop longtemps que personne n’est venue mettre à jour les informations et que le propriétaire s’est endormi sur ses lauriers, vivant de la rente que lui apporte sa présence dans un guide diffusé mondialement. Ce n’est pas fréquent mais ça arrive.

Hotel à Bangkok - Thailande

Hotel à Bangkok – Thailande

La seconde façon qui est très web 2.0 est d’utiliser un des très nombreux sites de réservation en ligne. Vous faites une recherche par lieu et le site affiche tout une liste d’hôtels qui ensuite peut être classé selon diverses options (prix, disponibilité, type de chambre etc…). Par rapport au livre, vous avez l’avantage d’une mise à jour continue des informations et chaque hôtel est noté par les autres voyageurs. Même si certains commentaires sont biaisés, en faire une « moyenne » donne un bon premier aperçu de l’hôtel. A vrai dire, aujourd’hui il est tellement important pour eux d’être bien noté par leurs clients sur ces sites, qu’il nous est arrivé – pas aussi souvent que nous l’aurions aimé – d’être soudoyé avec de petites attentions (une dépose gratuite à la gare etc…) en échange d’un commentaire bienveillant de notre part. Même si ces attentions n’ont pas changé radicalement notre avis sur un hôtel, celles-ci nous ont motivé pour laisser le dit commentaire sur le site quand nous en étions contents. Un mot à propos du mécanisme : au moment de la confirmation de la réservation, il faut s’acquitter de 10 % (la marge du site) du montant total. De notre expérience sur ces sites, nous n’avons pas eu de soucis : les réservations avaient bien été prises en compte par les hôteliers et il n’y eut pas d’embrouilles au niveau du paiement. Il n’y pas eu non plus trop de différence entre les commentaires et la réalité. Si au début de notre utilisation de ces sites, nous étions dubitatifs habitués que nous étions à la loterie des hôtels, à la longue, nous leur faisions totalement confiance.

Hotel à Irkoustk

Hotel à Irkoustk

Un autre cas de conscience est de savoir s’il faut accorder sa confiance aux rabatteurs. Dans les endroits touristiques, plus particulièrement en Amérique du Sud il est vrai, il y aura souvent quelqu’un pour vous attendre à la gare. Ce ne sera pas par pure amitié malheureusement pour vous mais bien parce qu’il aura quelque chose à vous vendre. Accompagné d’une brochure, de photos de l’hôtel et même parfois un livre d’or des commentaires laissés par d’autres voyageurs, il insistera parfois lourdement pour que vous le suiviez dans son hôtel. S’il s’agit de quelqu’un dépêché par l’hôtel, il aura un badge officiel ou des cartes de visite. Ce ne sont pas forcément des escrocs mais juste des hôtels qui manquent de visibilité face à des concurrents qui drainent la majorité du trafic du fait qu’ils soient mentionnés dans les guides. Soit qu’ils sont excentrés, ou à l’écart dans une rue peu passante, ils essaient eux aussi d’attirer un peu de cette manne financière que représente le tourisme international. Parfois l’hôtel aura mal supporté le poids des ans et même les photos défraichies montrées à la sortie du bus auront l’air en meilleur état, d’autre fois le wifi promis sera malheureusement en panne…

A contrario, les chauffeurs de taxi ont plutôt mauvaise réputation dans cet exercice là et une tendance à guider les voyageurs dans d’immondes cloaques inflationnistes. A leur décharge, dans notre cas, le peu de fois où nous avons fait appel à eux, nous avons été bien servi.

Ne vous inquiétez pas, si malgré toutes ces possibilités, vous ne trouvez pas votre bonheur, les bons tuyaux s’échangent entre voyageurs. Il vous reste enfin la possibilité de laisser faire le hasard et la chance et de trouver votre bonheur en errant dans les rues de la ville. Nous avions mis au point une stratégie afin de ne pas trimballer aux quatre coins de la ville nos gros sacs à dos. Pendant que l’un restait à la gare à surveiller les sacs, l’autre allait à la recherche de la chambre. De cette manière, on était léger et ça nous donnait la chance de visiter plusieurs hôtels avant de faire notre choix. Généralement, cette tâche était dévolue au plus exigeant des deux !

 Alors réservation or not réservation ?

Hotel à Koh Lanta (Thailande)

Un hôtel bradé hors-saison (Thailande)

Deux écoles s’opposent sur ce point, un point qui fait polémique entre ceux qui préfèrent la sureté et ceux qui optent pour l’Aventure (et quelle aventure oulala!). Il faut se rappeler un aspect tout à fait terre à terre : c’est plutôt laborieux et un peu pesant pour ne pas dire autre chose que de traverser une mégalopole inconnue quand l’hôtel que vous aviez repéré est complet et que l’autre possibilité est à l’autre bout de la ville. Certes nous nous en souvenons après coup mais autant vous dire que ça ne fait pas partie de nos meilleurs souvenirs. Alors voilà, nous conditionnions nos réservations en fonction de la taille de la ville dans laquelle nous arrivions. D’autant plus que certains hôtels incluent dans leur prix des services supplémentaires comme une navette qui peut venir vous chercher à la gare ou à l’aéroport. Il n’est pas nécessaire non plus de réserver des semaines à l’avance, généralement nous réservions juste quelques jours avant d’arriver. Il nous a aussi parfois fallu tenir compte du calendrier local : trouver un hôtel lors de la Semana Santa en Amérique du Sud ou lors de la Golden Week en Asie peut révéler de la quête impossible. De même, si l’heure de notre arrivée en ville était trop tardive, nous préférions aussi réserver. Ce sont ces trois facteurs qui nous poussaient à réserver, le reste du temps, nous faisions confiance au hasard qui finalement ne nous a pas trop joué de tours.

En chambre ou en dortoir ?

Une chambre avec lits jumeaux (Russie)

Une chambre avec lits jumeaux (Russie)

Un rapide calcul de tête vous fera vous rendre compte qu’il y a souvent peu de différence entre le prix de 2 lits en dortoir et celui d’une chambre pour deux. C’est particulièrement vrai en Amérique du Sud. Un des avantages de voyager à deux. Il existe une typologie des chambres que vous retrouverez à coups sûrs à travers le monde (par tarif croissant) :

- le dortoir : 4, 6, 8 ou plus lits par chambre,

- la chambre à 2 lits (jumeaux ou non) avec salle de bain partagée,

- la même mais avec la salle de bain privée,

- et la classe au dessus, mais nous ne sommes jamais allés voir donc on ne sait pas…

Les prix varient aussi en fonction de différentes options : avec ou sans TV / climatisation / ventilateur / vue / petit déjeuner /haute saison /humeur du patron etc etc… Le wifi est dans la majeure partie des cas inclus dans le prix. Il y a souvent moyen de faire de bonnes affaires hors-saison. Quand l’hôtel est vide, il est beaucoup plus facile de négocier le prix de la chambre et si, en plus, vous restez plusieurs jours alors vous êtes vraiment en position de force…

La chambre d’hôtel : votre maison

Hotel à New Delhi (Inde)

Se sentir bien à l’hotel… New Delhi (Inde)

Une lapalissade mais il est important de se sentir bien dans l’hôtel choisi. Ce microcosme de la chambre représente le chez soi du voyageur au long cours pour la durée de son séjour et lorsque la lassitude du nomadisme, la fatigue du je-fais / je-défais mon sac à dos tous les trois jours se fait sentir, il est vital d’avoir un chez soi confortable où l’on se sente bien. On peut ainsi être amené à monter en gamme pendant quelques jours, le temps de recharger les accus avant de repartir.

Quoiqu’il en soit, rien ne vous oblige à rester dans un hôtel qui ne vous plait pas. Il ne faut cependant pas se rendre prisonnier de l’aubergiste en payant à l’avance plusieurs nuitées. Dans la mesure du possible, payez au jour le jour et si un jour il y a un problème , vous serez libre de partir sans rien devoir à personne. Il y a souvent un horaire limite avant lequel il faut rendre la chambre, profitez-en pour l’exploiter au maximum et partir à la découverte de la ville pour trouver une autre chambre qui soit plus à votre convenance. Pendant ce temps, les bagages restent à l’hôtel et vous êtes légers pour explorer les à-côtés.

Voilà pour les quelques conseils que nous avions à partager avec vous. Maintenant vous vous demandez sans doute si nous avons passé toutes nos nuits à l’hôtel pendant ce tour du monde et si oui, qu’en est-il de ce délicieux petit hôtel à Bruxelles que nous avions déniché pour notre retour ? Ah lecteur impatient, la suite  dans un prochain article où nous ferons un tour d’horizon des différentes manières de se loger en voyage.

L’allié de vos nuits réussies :

– le sac à viande ! Pour faire fi des supposées taches propres (celles qui ne partent pas au lavage).

– la serviette de bain n’est souvent pas inclus dans le prix, prendre la sienne.

– des boules Quiès !

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