A la croisée des chemins

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Le sacré en Inde

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Vaches sacrées

La spiritualité hindoue fascine

La spiritualité hindoue constitue indéniablement un attrait auprès des voyageurs européens qui visitent l’Inde. De fait, elle représente, pour certains, une alternative à la pensée matérialiste et rationaliste qui domine les sociétés “occidentales” tandis que pour d’autres, elle est une curiosité qui agit sur l’imaginaire. Au premier abord, nous sommes quelque peu rebutés par le système de caste mis en place par cette religion, lequel contribue à discriminer tout un pan de la société (les fameux “intouchables”). Mais très vite, son panthéon infini, ses multiples temples et festivals continuent de fasciner.

Il ne s’agit pas de faire une présentation de l’hindouisme (cela serait bien au-dessus de nos compétences) mais juste de rapporter quelques éléments sacrés que nous avons perçus et qui ponctuent la vie quotidienne des indiens tout autant qu’ils surprennent le voyageur.

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Entrée d'un temple hindou

Les intrusions religieuses ponctuent le quotidien

Quoi de plus normal lors d’une consultation chez un médecin généraliste, que celui-ci nettoie consciencieusement son autel, allume de l’encens et rafraichit ses offrandes (colliers de fleurs entre autres), pendant que vous lui contez vos symptômes? Ou encore lorsque vous quittez un hôtel, on vous signe le front avec une poudre rouge en guise de porte-bonheur? Ou enfin, lorsque vous remerciez l’hospitalité de quelqu’un, on vous réponde en levant les yeux au ciel avec les paumes ouvertes “ce n’est pas moi, mais Dieu qu’il faut remercier”? Des exemples, il y en a tellement qu’on a tendance à ne même plus se formaliser de ces petites intrusions religieuses.

Il y aurait 1000 détails à raconter sur les temples hindoues: tout d’abord les statues de ces drôles de dieux à tête d’animal, comme Ganesh à la tête d’éléphant et Hanuman, à la tête de singe, ou encore ceux aux multiples bras et à la peau bleue, comme Shiva. Chaque Dieu ayant sa propre monture, il devient facile de se repérer pour savoir à quel Dieu le temple est-il dédié. Il y a aussi les offrandes qui sont offertes aux dieux et qui trainent aux pieds des autels : colliers de fleurs, riz, noix de coco, gâteaux, etc. Sans oublier, la délicieuse odeur d’encens qui vous caresse les narines. Le spectacle des dévots est tout autant mystérieux, chacun exécutant des gestes précis et répétés: on fait sonner les cloches, on allume des bougies, on se signe, on s’agenouille, etc.

A Pushkar, c’est toute la ville qui est sacrée

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ghat et lac sacré de Pushkar

A Pushkar, nous aurons approché (de loin) la spiritualité liée à l’eau. En Inde, de nombreux fleuves ou lacs sont sacrés, à commencer par le plus célèbre, le Gange. Autour du lac sacré de Pushkar, des ghats (escaliers) sont aménagés pour permettre l’exécution de rituels. Chaque religion a son propre ghat, il ne faut pas se tromper… A loisir, nous aurons pu observer les scènes d’ablutions divines voir d’immersions complètes du corps (dans une eau parfois, très très polluée, qui n’est pure que d’un point de vue religieux…) qui déclenchent parfois des états de transe chez certaines personnes entrés en contact avec le divin. A Pushkar, ce n’est pas seulement le lac qui est sacré mais tout la ville. Tout le monde, y compris les visiteurs, est tenu à respecter certaine règles comme celles de ne pas fumer, ni de boire. Proche du lac, il n’est même plus possible de porter des chaussures ni de porter du cuir sur soi.

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Une vache à son aise

Les vaches sacrées en ville sont bien une réalité

Le tableau ne serait pas complet si l’on abordait pas la question des vaches. Elles sont le symbole de l’imaginaire sur la spiritualité hindoue. Et dieu sait qu’on en rencontre des bovins en milieu urbain! Si Delhi a réussi à les confiner dans quelques quartiers, dans toutes les autres villes indiennes, nous les croisons dans les moindres recoins. On ne peut s’empêcher de partager l’admiration et le respect qu’ont les hindous pour les vaches devant leur faculté à demeurer impassible au chaos urbain qui se déroule autour d’elles. On aimerait apprendre leur indifférence aux bruits de la ville qui nous incommodent tant. Avec leurs yeux bridées et leurs cornes recourbées, elles nous hypnotisent, nous, les européens, qui n’avons pas l’habitude de voir la campagne dans la ville…Nous les savons sacrées dans la religion hindoue (on ne peut pas les manger), ce qui explique peut-être l’insolence dont elles savent faire preuve lorsqu’elles bloquent la circulation… Le matin, les habitants les nourrissent d’herbes fraiches, pour les plus chanceuses, ou de chapati (genre de pain indien), si elles ne se le font pas piquer par quelques macaques du coin. Il faut savoir que toutes ces vaches ont bien des propriétaires, qui, tous les soirs, battent le rappel pour la traite quotidienne. Bizarrement aucune ne rate le rendez-vous… Quelques litres de lait plus tard, elles ont déjà recouvré leur liberté. La surprise demeure aussi grande quand nous les croisons au milieu de l’autoroute, sans aucun village à des kilomètres à la ronde. Ces vaches, non accompagnées d’un berger, préfèrent tout simplement le bitume à la terre sableuse du Rajasthan. Le plus drôle reste d’observer leur démarche, lente, la queue se balançant en rythme avec la tête et qui donne l’impression d’avoir une destination bien précise.

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ghat et lac sacré de Pushkar

En dehors de l’hindouisme, l’Inde recèle de multiples religions aux cultes inconnus: le sikhisme, le jaïnisme ainsi que tous les groupuscules guidés par quelque guru célèbre. Un temple en construction? Mais c’est une nouvelle religion inventée par le Guru untel nous explique Sonu, notre chauffeur indien. Il y aurait de quoi faire son marché de la religion!

Bref, pas étonnant d’être “fous d’Inde”.

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