A la croisée des chemins

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Le chapati

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Chapati accompagnant un thali

On peut dire que nous avons usé et abusé du chapati en Inde. Il s’agit d’un pain sans levain, qui a la forme d’une petite crêpe, et qui accompagne le thali indien. Le thali est le plat national indien, que l’on trouve partout: c’est un set de plats comprenant un curry de légumes, une soupe de lentilles, de la salade et du yaourt. Dans les campagnes, ce dernier se compose bien souvent uniquement du chapati et de la soupe de lentilles, et ce midi et soir, tous les jours de l’année. C’est dire combien ce mets est commun à de nombreux indiens!

C’est au cours de notre séjour dans une ferme biologique au Nord du Rajasthan que nous avons découvert la préparation de ce délicieux pain. Un matin, j’ai (Claire) été assignée auprès de Rosny, la femme de l’ouvrier agricole qui chapeautait nos travaux dans les champs. Je devais l’aider à préparer le repas du midi. La pauvre m’a renvoyé dans les champs au bout d’une heure! J’avais raté l’épreuve du chapati, je n’étais donc “bonne à rien”. Voici comment les choses se sont déroulées:

Après avoir découpé les quelques légumes qui allaient composer notre repas, je m’occupais de maintenir le feu de paille de riz avec lequel les repas sont cuits. Ce n’était pas facile! Il fallait d’abord supporter la fumée âpre de la paille qui pique les yeux et altère la respiration. Puis alimenter rapidement la flamme qui consumait trop vite ce matériau instantané. J’aurai usé d’un nombre d’allumettes bien plus important que la consommation quotidienne de la famille… Vint ensuite l’épreuve du chapati. Pendant que j’alimentai le feu, Rosny s’occupait de préparer la pate à chapati avec les ingrédients suivants: farine de blé, eau et sel. Il faut d’abord tamiser la farine, moulu artisanalement, qui contient encore beaucoup d’écorces de blé. Un bon malaxage plus tard et la pate est prête à être employé.

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thali avec du riz

J’observais attentivement comment Rosny s’y prenait pour “créer” le chapati et le faire cuire: des gestes répétés, midi et soir, tous les jours de l’année. Cela n’avait pas l’air bien compliqué: prendre un bout de pate, la “tremper” dans la farine, la rouler en une boule parfaite, l’aplatir légèrement avec les doigt puis utiliser un petit rouleau à pâtisserie pour terminer de lui donner une forme parfaitement ronde. Puis secouer le chapati entre ses deux mains pour faire tomber le reste de farine. On utilise ensuite une épaisse poêle en fonte pour cuire le chapati en 5 minutes. Cerise sur le gâteau, on lui ajoute du ghee, sorte de beurre. A déguster très chaud!

Malheureusement, cette mécanique des gestes ne marchait pas pour moi: la pate collait sur le rouleau, le chapati prenait une forme inconnue de la géométrie. Rosny n’a pas eu la patience du maitre d’apprenti… Avec un demi-sourire, elle m’a arraché le rouleau des mains, a anéanti mon premier chapati pour le faire renaitre dans une forme plus orthodoxe… et m’a indiqué gentiment la direction des champs.

Heureusement, une deuxième chance m’attendait le soir car nous dormions dans la maison des propriétaires de la ferme et non avec les ouvriers. Peut-être trouverais-je un professeur plus patient en la personne de la vieille tante de Sumit, qui, à 78 ans, s’occupait de garder la maison en l’absence de leurs propriétaires? J’avais bien enregistré les gestes de Rosny qui étaient semblables à ceux qu’exécutaient la vieille tante. Mais rien n’y faisait! Un nouveau fiasco m’attendait… accueilli par un éclat de rire de la tante qui, comme Rosny, a repris immédiatement les commandes de la cuisine au bout du premier échec…

Qu’à ne cela ne tienne! J’étais parfaite dans le rôle de “dévoreuses” de chapati…

 

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