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Katmandou: une agréable surprise

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Stupa bouddhiste

Ce n’était pas sans une certaine appréhension que nous avons foulé nos premiers pas dans la capitale népalaise: Katmandou. Venant d’Inde, nous avions encore en tête ses agglomérations gigantesques, archi-peuplées, à l’organisation chaotique ainsi qu’à l’absence d’hygiène publique. Leur visite n’était pas toujours une partie de plaisir. Passé le premier amusement devant tant de différences culturelles, nous ne pouvions plus exercer nos activités favorites: flâner dans les ruelles, observer l’animation de la rue, admirer le travail des artisans dans la rue et scruter les étals de marchandises. A la place, nous étions plutôt occupés à regarder où nous mettions les pieds, à trouver notre place dans le flux des piétions et à éviter voitures, motos, vélo et vaches avec lesquels nous mêlions nos pas, en l’absence de trottoir.

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temple hindouiste

Connaissant les similitudes culturelles entre l’Inde et le Népal, entre autres la religion hindouiste, nous avions tout à craindre de détester Katmandou comme avions haï New Delhi. Ce fut tout le contraire. La surprise fut “bonne” et en pénitence de nos préjugés, nous y sommes restés une quinzaine de jours. Quel est le charme si particulier à Katmandou?

Signalons tout d’abord qu’il y a plusieurs Katmandou. Le Katmandou dit “moderne” concilie grandes artères bouchées avec immeubles d’habitation sans charme, que nous avons trouvé dénué d’intérêt. Ce qui vaut vraiment le détour à Katmandou c’est son centre historique, qui a l’avantage d’abriter quelques joyaux architecturaux, datant de l’époque médiévale, tout en maintenant une intense activité humaine. On est donc loin de la ville-musée.

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1000 variétés de lentilles

Ses ruelles sinueuses, qui ne sont pas toujours goudronnées, sont un bon rempart contre la circulation automobile. En journée, il est agréable de s’y promener, nous partageons les ruelles avec piétons et vélo-rickshaw. Ce n’est qu’à l’heure de la débauche que nous sommes un peu embêtés par les motos, dont le sport favori est de zigzaguer entre les piétons et étals et ce le plus vite possible tout en jouant du klaxon…

Notre déambulation dans la vieille ville nous a conduit à admirer l’architecture newari (du nom de l’ethnie majoritaire dans la vallée de Katmandou): des maisons en tuiles à plusieurs étages, en pisé, avec des fenêtres de bois ornementées de milles sculptures. L’ambiance pieuse de Katmandou constitue un autre attrait de l’ancienne cité-état médiévale. A chaque coin de rue, on découvre temples hindous, stupas bouddhistes et autels en tout genre dans lesquels les marques de dévotion sont plus que visibles.

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Durbar square

Passé cette première étape, nous pouvons pleinement nous consacrer à observer l’activité humaine. Rien de mieux que de s’assoir sur les immenses marches des temples de Durbar square, le coeur du centre historique pour scruter l’animation et en prendre plein les yeux. Un porteur avance péniblement sous le poids de sa charge. Un vélo-rickshaw attend son premier client en lisant le journal. En face de nous, une mère épouille ses enfants. A côté, ses autres enfants jouent à la lutte sur les marches d’un temple. Plus loin, les vendeuses de colliers de fleurs, servant aux cultes, mâchent nonchalamment leur chewing-gum. Un vélo traverse la place transportant une barre de fer étonnamment longue. Un motard s’arrête acheter une cigarette au petit stand d’une vieille femme, assise en position du Bouddha toute la journée. Et ainsi de suite, pendant des heures durant, sans que l’on ressente le moindre ennui!

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Marchande de légumes

Se balader dans le marché d’Indra Chowk est aussi un vrai régal: les petites échoppes, à la taille d’un mouchoir de poche, regorgent de marchandises qui débordent jusque dans la rue: des étoffes à sari, des ustensiles de cuisine en cuivre, des sacs de jutes remplies de mille variétés de lentilles, de riz, sous les formes basmati, soufflé ou bien plus étrange “aplati”. Le riz aplati est typique de la nourriture newari. Non cuit, il se conserve facilement tandis qu’aplati, il peut se consommer tel quel.  Quant aux fruits et légumes, on trouve les vendeurs dans la rue, assis à même le sol ou sur un petit tabouret de paille, à arranger coquettement leurs montagnes de pommes de terre, chou-fleur, chou, carottes, poivron, navet, épinards, etc. La rue des boucheries apporte également son lot d’étonnement: la viande y est étalée sur des petites tables, presque dans la rue, sans autre moyen de conservation qu’un bout de tissu. Les bouchers travaillent leur viande devant nous, et à coup de Kukuri (couteau à lame recourbé), ils viennent à bout des os les plus durs. Ils se font livrer par les vélos-rickshaw, lesquels transportent la marchandise telle quelle sans aucune protection. La viande partage alors le même espace que les chaussures sales de l’usager ayant précédemment emprunté ce moyen de transport…

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Etal de viande

Quant à Thamel, le ghetto à touriste, il n’est pas si désagréable. On y trouve de confortable et tranquille guesthouse à des prix imbattables (5 euros la nuit avec eau chaude!). Le quartier est très bien entretenu par les commerçants du coin. Enfin, son ambiance cosmopolite fascine quand on sait que le pays n’est ouvert aux étrangers que depuis les années 50… La capacité des népalais à imiter les mœurs de tous les pays du monde pour pouvoir vendre est assez impressionnante.

La période hippie de Katmandou a cédé la place à la mode du trekking en haute montagne. Les coffee shop ont été remplacés par des vendeurs de vestes gore-tex et de sac de couchage –25 degrés… C’est bien la première fois qu’avec nos vêtements sport-wear, nous passions totalement inaperçus en ville. D’ailleurs, nos vestes “North face” et chaussures de randonnée faisaient tout à fait couleur locale. Seul réminiscence de son passé baba, les vendeurs de hachich à chaque coin de rue…

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Porteur à durbar square

Avec de la chance, on peut rencontrer de vieux baba cool, attablés dans les cafés, à ressasser avec nostalgie cet âge d’or. Comme Nicole, québécoise et professeure de yoga, qui est venue pour la première fois au Népal en 1979. Elle raconte : “dans ce temps-là, il y avait des saddhus partout (ascète ayant fait voeu de renoncement matériel) et on pouvait fumer de la drogue avec eux. Le soir, il y avait des feux de bois dans toutes les places qui donnaient lieu à des rassemblements sociaux.” Aujourd’hui Nicole a froid et depuis qu’elle est arrivée, il y a de cela 3 jours, elle ne rêve que d’une chose: se réfugier en Thaïlande.

Ce n’est pas sans “nostalgie” non plus, que nous quitterons cette capitale…

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