A la croisée des chemins

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Rencontre à la croisée des chemins: Sonu, le sikh

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Sonu

Nous ne connaissions pas grand chose de la religion sikhe

Sonu aura été notre chauffeur indien pendant les 15 jours qu’aura duré notre escapade au Rajasthan en compagnie des parents de Guillaume. Avant de le rencontrer, nous ne connaissions pas grand chose de la religion sikhe. Tout au plus, avions-nous vaguement entendu le mot, en France, lors des débats sur la loi interdisant le port ostentatoire de signes religieux à l’école.

Il aura fallu de longues heures d’approvisionnement réciproque pour obtenir de lui quelques éclaircissements sur sa religion. A ses côtés, nous apprendrons qu’il ne faut pas toujours s’interroger sur le pourquoi des codes, mais prendre le sacré comme il s’offre à nous, sans toujours essayer d’y déceler une quelconque logique.

Petit résumé historique: la religion sikhe a été fondée par le Guru Nanak (maitre à penser), né en 1469. Peut-être est-ce en réaction à la religion hindoue, dont les nombreux rites et l’infinité de son panthéon sont jugés, encore aujourd’hui, sans fondements voir obscurantistes? De fait, la religion sikhe ne croit qu’en un seul Dieu: le “Dieu suprême”, Absolu, Infini, Eternel, Créateur, Cause des Causes.

L’hindouisme et le sikhisme ne font pas bon ménage

A écouter les recommandations de Sonu à notre égard lorsque nous visitons des temples hindoues, nous pouvons facilement déceler une certaine condescendance des sikhs vis-à-vis de l’hindouisme (bien que seulement 1,8% des indiens soient de confession sikhe): “les temples hindoues sont sales, on peut vous voler vos chaussures alors que dans le Gurdwara, vous pouvez laisser vos affaires sans surveillance, cela ne risque rien” ou encore “Nous, les sikhes, nous distribuons gratuitement de la nourriture dans nos temples ce qui n’est pas les cas chez les hindoues” ou enfin “nos temples sont ouverts à tout le monde, alors que certains temples hindoues sont fermés aux étrangers”.

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Un temple sikh

Les temples sikhs s’appellent les “Gurdwara”. L’architecture extérieure est impressionnante: d’immenses bâtisses à dômes dont l’éclatante blancheur du marbre semble rayonner partout. L’objectif est d’être visible le plus loin possible de façon à attirer ses fidèles croyants. De fait, il est aussi facilement repérable grâce à ses longs étendards de plusieurs mètres au bout duquel flotte le drapeau sikh. A l’inverse, la décoration intérieure est d’une simplicité absolue: seul trône en son milieu les écritures sacrées des sikhs, le “holy book”, qui décrit les chemins pour être un “vrai” sikh. Elles ont commencé à être rédigées par le 5ème Guru, en 1604. Même si les écritures n’ont pas été modifiées depuis la mort du 10ème et dernier Guru, en 1708, on y trouverait toujours toutes les réponses aux questions que se posent les humains dans toutes les étapes de leur vie. On se rend au temple pour prier collectivement, consulter les écritures sacrées, ou bien assister à une cérémonie commémorant les dates de naissances et de mort des Guru sikhes ou bien une date importante dans l’histoire de la religion sikhe.

Les sikhs se distinguent des autres par leur tenue vestimentaire et leur trait de caractère

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Vu de loin

Dans la rue, on repère facilement une personne de confession sikhe par sa tenue vestimentaire: les hommes, ainsi que les garçons, ont les cheveux enturbannés à l’aide d’un long tissu de plusieurs mètres. Même les oreilles sont couvertes par le turban, ce qui n’est pas très pratique pour Sonu, qui porte des lunettes! Cela ne le rend pas sourd pour autant… Un sikh ne doit jamais couper ses cheveux, ni sa barbe. Les autres codes vestimentaires sont moins courants, mais on les retrouve chez les gardiens des temples, comme ceux de porter un bracelet d’acier, une épée, un pantalon court et un peigne.

Il est aussi facile de repérer les sikhs ne portant pas de turbans (nous en avons rencontré, à notre grande surprise). Rien que par son nom de famille, une personne de confession sikhe affirme sa religion: tous les sikhes s’appellent “Singh”, qui signifie “lion” et symbolise la force et la puissance des sikhes. Plus tard, alors que nous recherchions la ferme où nous allionswoofer, nous avons compris combien il était inutile de la chercher par le nom de famille de son propriétaire: “nous cherchons la maison de M. Singh”… C’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin, surtout dans le Nord de l’Inde, proche de l’Etat du Punjab, principale aire de peuplement sikh.

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Intérieur d’un temple

En plus du code vestimentaire, un sikh se caractérise également par son comportement, il ne boit pas d’alcool, ne fume pas et ne consomme pas de viande. Nous avons eu beau essayer de corrompre Sonu avec une bonne bouteille de vin français, rien n’y a fait! Ces règles sont si scrupuleusement respectées, que même dans le Gurdwara, il n’est pas possible d’introduire un paquet de cigarette ni un briquet. Les autres traits de caractère des personnes de confession sikhe sont l’orgueil et la fierté. Ainsi, il est assez surprenant de voir une religion prôner l’adage suivant: “lorsque tous les autres recours ont été épuisés, alors il est parfaitement juste de tirer l’épée”. Ils n’ont d’ailleurs pas hésité à utiliser la force contre les autorités indiennes pour revendiquer leur indépendance territoriale et être ainsi à l’origine d’attentats sanglants dans les années 80. Les sikhs sont réputés être d’excellents guerriers et c’est Indira Gandhi, elle-même, qui en a fait les frais après avoir envahi le temple sikh le plus sacré, situé dans la capitale du Punjab à Amritsar. Elle a été assassinée par ses gardes du corps, de confession sikhe…

Heureusement pour nous, nous n’avons pas eu besoin d’en arriver là avec Sonu!

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