A la croisée des chemins

Le blog de notre tour du monde et de notre vie en Guyane

Incredible India

Source: www.incredibleindia.org

L’organisme responsable de la promotion de l’Inde à l’étranger a depuis quelques années agrémenté ses campagnes du slogan “Incredible India” (L’Inde incroyable). Les deux mots sont généralement associés à une photo de rêve qui effectivement vous projette directement au pays des Maharajas. Sur un autre registre, il y a quelques temps déjà, le Bangladesh (pour mémoire, pays le plus pauvre au monde) avait lui misé sur un majestueux :”Découvrez le Bangladesh avant les touristes”, une phrase pleine d’humour prenant en compte la piètre réputation du pays au près du tourisme. L’Inde, le voisin tout puissant, affiche donc sa magnificence en s’étalant (sans doute) en 4*3 dans le métro. Mais du message publicitaire à la réalité, le fossé est souvent grand surtout dans un pays de crèves-la-dalle où le système D et les arnaques sont plus courantes que les maharadjas. Et comme un leitmotiv, un flash qui s’imprimera sur notre rétine à chaque entourloupe, le visage de la belle indienne de la publicité apparaitra et nous l’entendrons presque murmurer “Incredible India” dans un sourire narquois. Car en tant que touriste, comme dans n’importe quel autre pays soit dit au passage, nous sommes  les cibles privilégiées de toutes ces petites arnaques. D’ailleurs, nous sommes d‘autant plus vulnérables à ces marques d’attention que nos repères sont bousculés dans les premiers jours.Ainsi il est un exercice difficile à maitriser qui demande quelques jours d’apprentissage: trouver le juste prix ! Mieux qu’à la télé puisque toute erreur de votre part sera payée cash. Le seul référentiel qu’on a en tête est le prix à la maison et il est donc difficile d’évaluer du premier coup d’oeil le prix du kilo de bananes en Inde. La sonnette d’alarme ne se tire pas dans notre petite tête tant que le tarif proposé n’est pas supérieur à cette limite psychologique. Entre le vrai prix et cette barrière, cela peut varier du simple au double dans le meilleur cas. L’Inde connait ainsi une subite inflation dès lors qu’on est touriste, celle-ci est valable pour les hôtels, les fruits, les cigarettes les transports etc…

En plus de négocier le tarif, vous négociez la destination

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Auto-rickshaws dans les rues de New Delhi

Ah les transports et les fameux chauffeurs de rickshaw… Si à Bangkok, il étaient insistants, à Delhi, ils sont carrément collants, prêts à vous suivre sur une centaine de mètres en vous haranguant, à descendre de leur engin pour vous mettre sous le nez une carte de la ville. Et de continuer en vous montrant le circuit qu’ils vous proposent de faire alors que vous savez parfaitement où vous voulez aller. Toute poésie a disparu. Outre l’éhonté inflation qu’ils pratiquent, ils n’hésitent pas à recourir à mille mensonges pour ne pas vous amener là où vous désirez ! Au choix, vous aurez donc l’opportunité de découvrir un faux office du tourisme (qui n’est autre qu’une agence de voyage) ou d’effectuer un parcours touristique jalonnés d’étapes dans des boutiques où les attend une belle commission (la rumeur parle de 40%) en cas d’achats de votre part. Vous voulez aller au fort rouge de Delhi? Malheureusement, ce n’est pas possible aujourd’hui à cause des manifestations pour les prochaines élections et bien trop dangereux pour un touriste. Par contre, il peut vous faire faire une visite complète de la ville. Une fois sur place, il n’y a pas plus de troubles à l’ordre public qu’en temps normal. Donc en plus de négocier le tarif, vous devez négocier la destination ! La meilleure parade est donc de s’éloigner de quelques rues des zones trop touristiques où trainent ces bachi-bouzouks et d’en héler un qui est en mouvement.

Karol Bagh à Delhi à 1h du matin a de faux airs de Beyrouth dans les années 90

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Un hotel à ne pas conseiller

La deuxième caste de gratteurs est celle des hôteliers. Le prix de la chambre se fait à la tête du client modulo la commission de celui qui vous  a amené là. Déjà, on part sur  de mauvaises bases mais une sévère négociation permet de rectifier le prix et de parfois le réduire de moitié. Ensuite viennent les classiques  de l’hébergement: draps sales (mais ce sont des taches propres, monsieur!) et puants, le wifi promis qui est en panne ce jour là, l’eau chaude idem, l’odeur de naphtaline pour cacher celle des égouts, le petit déjeuner inclus dans le prix mais jamais servi. Il y a aussi ceux qui travaillent avec une agence de voyage qui l’appellent à vos moindres faits et gestes.. Et dont le responsable débarque pour vous vendre ses services à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. D’ailleurs à ce propos, si lorsque vous êtes à Delhi, vous croisez une agence qui s’appelle Grand India Tours: fuyez là, vous ne vous en porterez que mieux ! Quelques jours avant d’arriver à Delhi, nous réservons via Grand India Tours,un taxi pour venir nous chercher à l’aéroport ainsi que notre première nuit d’hôtel, le tout confirmé par email. Arrivés à l’aéroport, nous avons beau faire 10 fois le tour de l’aéroport, personne ne nous attends et nous poireautons une bonne heure en appelant le seul numéro que nous avions. Difficile de comprendre si le chauffeur est oui ou non en route/ à l’aéroport ou qu’on nous a oublié. En fin de compte, nous nous rendons par nos propres moyens à l’hôtel. Le quartier de Karol Bagh à Delhi à 1h du matin a de faux airs de Beyrouth dans les années 90 ou en tout cas d’une ville dévastée par une tempête: immeubles en ruines, personne dans les rues, et une quantité impressionnante de déchets jonchant le sol. A l’hôtel, une autre surprise nous attends: il n’y a pas de réservation à notre nom. Un flash s’impose à nous et la perspective de déambuler avec nos gros sacs dans ce quartier désolé nous donne quelques sueurs froides. Après maintes palabres et preuve à l’appui que nous avions une réservation, les responsables dans leur grande bonté nous propose une chambre dans un hôtel du voisinage oubliant de préciser bien sûr qu’il sera plus cher. Le lendemain matin après une courte nuit de repos, nous voyons débarquer le responsable (?) de Grand India Tours venu aux nouvelles. Il est impossible d’obtenir de lui la moindre explication cohérente sur les évènements de la veille avec par exemple un très beau “je ne savais pas que vous arriviez donc je n’ai pas envoyé de taxi” suivi quelques minutes plus tard d’un :” mais si, le chauffeur vous a attendu à l’aéroport pendant une heure”. Chaque fois que nous l’acculons, il est sauvé miraculeusement par un coup de fil de son supérieur qui coupe la conversation et nous fait perdre le fil de notre pensée. Au final, le taxi est à notre charge et la nuit dans l’hôtel de remplacement nous coute plus cher. Cerise sur le gâteau, l’énergumène nous propose sans vergogne d’autres prestations  de son agence. Et les jours suivants, nous le verrons débarquer pour tenter vainement de nous faire changer d’avis.

Si ce n’est ces petites arnaques qui ne sont jamais bien graves, le contact est assez aisé avec les indiens. Cependant la répétition de ces entourloupes donne l’impression tenace d’être pris pour un pigeon en permanence et à terme s’instaure une certaine méfiance envers quiconque vous adresse la parole. Le doute s’est immiscé et il est parfois dur de passer outre. Mais comme vous le verrez dans la suite de nos articles sur l’Inde, nous avons aussi fait de jolies rencontres. Et dans la relation marchande, il y a des fois où un rayon de soleil vient éclaircir ce triste tableau comme cette fois où le vendeur nous rappela pour nous rendre la monnaie sur ce billet de 500 rupées que nous avions inopinément pris pour un billet de 50. Incredible India !

Et vous quelles sont les plus belles arnaques dont vous avez été victime en voyage?

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