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Le mythe des éléphants blancs

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Le musée des éléphants à Bangkok

En développement et coopération internationale, deux expressions tiennent le haut du pavé pour décrire un projet colossal d’aide au développement qui se révèle être inutile, inefficace, voire contre-productif, générant un “mal-développement ». La première parle alors d’usine à gaz, une usine imposante, complexe et qui au final ne fait pas grand chose. La deuxième, elle est un peu plus mystérieuse car elle compare ces projets faramineux à des éléphants blancs. L’image première qui s’imprime immédiatement dans l’esprit est celle d’un animal voyant et ballot. L’Afrique fut la principale victime de ce mal-développement principalement du temps de la Françafrique lorsque des grands groupes français décrochaient les contrats de mise en oeuvre de ces grands projets d’infrastructures financés par l’aide publique au développement.

La rolls-royce des éléphants  apportera chance et félicité au roi

Un éléphant pas blanc

Un éléphant pas blanc

Pourquoi parler de tout cela ici? Car en arrivant en Asie du Sud-Est, nous avons appris l’origine de l’expression ‘”Eléphant blanc”. En effet, l’éléphant blanc tient une place importante dans l’imagerie locale, il fait ainsi partie des sept objets que doit posséder tout bon roi thaïlandais. D’après la légende, cette sacralisation de l’éléphant blanc car albinos dans les cultures hindouiste et bouddhiste serait le fait de la mère de Bouddha. La veille de de la naissance de “l’Eveillé”, sa elle aurait rêvé d’un éléphant blanc et c’est ainsi que le pachyderme malade aurait gagné ses lettres de noblesse. L’éléphant blanc est donc devenu au fil du temps un signe de bon auspice jusqu’à faire partie du trousseau royal. D’ailleurs, en Thaïlande, il existe une “échelle” de blancheur selon 7 critères (couleur des yeux, de la peau, du palais, des oreilles, des ongles, des parties génitales, et de la queue) pour classer la pureté du mammifère à trompe et donc sa capacité à amener de bons augures. Le premier grade étant le blanc parfait, de l’extrémité de la trompe jusqu’au bout de la queue. Dans ce cas-là, la rolls-royce des éléphants  apportera chance et félicité au roi et se verra confier des rôles de premier plan dans les parades royales les plus importantes. Les deux autres grades varient sur la tonalité des sept facteurs et attribuent leur place respective dans la maison royale à ces éléphants. La consécration ultime pour eux a été l’ouverture d’un musée qui leur est dédié dans le parc Dusit à Bangkok.

Un des gouvernants local aurait dépenser toutes ses ressources

Un autre éléphant pas blanc

Un autre éléphant pas blanc

Une fois appréhendée l’importance de l’éléphant blanc dans la culture de la région, on comprend mieux l’importance pour un roi ou un seigneur de posséder un tel animal. Ainsi un des gouvernants local aurait dépenser toutes ses ressources pour en acquérir un, menant ainsi à la ruine son état. Et voilà, comment un signe de bon augure s’est transformé en catastrophe et donnât naissance à l’expression des éléphants blancs.

A voir:

Musée national royal des éléphants à Bangkok, parc Dusit

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