A la croisée des chemins

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Les plantations d’arbres à latex en Thailande

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Plantation d'hévéa

La Thaïlande est le premier producteur au monde de latex

Si nous avons séjourné une semaine chez Lek et Lea, c’était d’abord pour les aider dans leur plantation d’arbres à latex. Depuis que nos pieds avaient foulé le Sud de la Thaïlande, notre curiosité avait été piquée au vif sur cette culture, car ces plantations constituaient pratiquement l’unique paysage à admirer (en dehors du littoral maritime!). Et puis, nous avions encore en tête les récits de Claude Levis-Strauss, dans “Tristes tropiques”, sur ces chercheurs de latex dans les forets épaisses du Brésil, dont l’activité avait décrue lentement à cause de la concurrence des plantations d’arbre à latex de l’Asie du Sud-Est!

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La saignée

A Lanta, si le tourisme est la principale activité économique pour ceux qui vivent près des côtes, pour ceux qui vivent dans les terres, c’est l’arbre à latex ou l’hévéa. Il y a bien aussi quelques plantations de palmiers à huile, mais, selon Lek, il s’avère plus facile (et plus écologique) de gérer une plantation d’arbres à latex. Le palmier à huile nécessite un entretien constant: il lui faut beaucoup de pesticides et de fertilisants, ce qui représente un cout important et a un impact négatif sur la terre-mère. D’autre part, la collecte de ses fruits doit être régulière et elle est surtout plus fatiguante. L’idée de Lek et Lea est de se servir de cette plantation (ils ont planté 500 arbres) comme d’un revenu complémentaire à leurs autres activités, sans leur prendre tout leur temps. L’arbre à latex répond bien à ces besoins, puisqu’il n’est pas obligatoire de récolter le latex tous les jours, et les arbres, une fois leur taille adulte, ne demande pas beaucoup d’attention. La plantation peut donc être délaissée un temps sans que cela ne conduise à des dégâts irrémédiables.

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Le latex qui coagule

Le latex est collecté par incision profonde de l’écorce d’hévéa

Ce qui intéresse dans l’hévéa, c’est donc le fameux latex, à ne pas confondre avec sa sève. C’est à partir du latex qu’est fabriqué le caoutchouc naturel, dont nous n’apprendrons rien, la collecte de latex à Lanta étant vendue telle quelle. Seul indice, le latex, liquide au sein de l’arbre, coagule lorsqu’il est en contact avec l’air. C’est la première étape de sa transformation en caoutchouc naturel. Il y a quelques planteurs de Lanta qui, pour vendre en plus grande quantité, vont ajouter des acides au latex collecté, mais ce ne sera pas le cas de Lek et Lea. Le caoutchouc naturel sert à 70% pour l’industrie du pneumatique, puis dans le domaine paramédical. Les principaux utilisateurs sont les pays du premier monde, tandis que les pays producteurs sont les pays en développement. L’Hévéa ne pousse que dans un climat équatorial humide.

Plus de 90% de la production de caoutchouc naturel est fourni par l’Asie. La Thaïlande se situe au premier rang avec 2,2 millions d’hectares de plantation et 2,3 millions de tonnes de caoutchouc, en grande majorité des petites plantations familiales (93%) (source: l’institut de recherche pour le développement).

Le latex est collecté par incision profonde de l’écorce de l’hévéa. La saignée se pratique par une entaille qui descend sur la moitié de la circonférence du tronc, d’abord du bas en remontant jusqu’en haut de l’arbre. Le travail du planteur s’arrête là pour un temps. Le goutte à goutte remplira alors la coque de noix de coco placée à la sortie de l’incision. Au bout de quelques heures, la planteur viendra récupérer le latex qui aura coagulé naturellement. L’opération peut être répétée tous les deux jours. Pour raviver l’encoche, il faut découper une fine lamelle d’écorce de 2 mm. C’est pourquoi, on a parfois l’impression que l’arbre est dénudé…

jeunes plants d'arbre à latex

Jeunes pousses de hévéa

Tous les 4 ou 5 ans, il faut changer de côté la saignée, ainsi l’écorce se régénèrera mieux et l’hévéa pourra peut-être donner jusqu’à 50 ans! Passé cette période, il sera arraché et planté à nouveau à l’aide de greffe.

En saison des pluies, rien ne se passe

Nous n’aurons malheureusement pas aidé à collecter le latex de l’arbre, comme nous l’avions naïvement pensé au départ. D’une part, il est inutile de martyriser la précieuse écorce de l’arbre pendant la saison des pluies, car, le latex se diluerait alors dans l’eau et il ne serait plus aussi pur. D’autre part, les arbres de Lek et Lea sont trop jeunes pour être encore exploité (entre 3 mois et 1 an), or il faut attendre entre 5 et 7 ans pour commencer à recueillir le latex.

A défaut, nous aurons aidé à entretenir les jeunes pousses qui demandent un entretien plus régulier. Tout d’abord, il faut dégager les mauvaises herbes autour de l’arbre qui ne cessent d’importuner sa croissance, à base de fertilisant (pas encore naturelle, mais cela ne saurait tarder grâce aux expérimentations de permaculture de Lea). Puis, nous aurons défriché quelques bouts de terrain pour planter de nouveaux arbres. Il faut avouer que cela nous aura fait mal de déranger ces petits bouts d’écosystème… C’est ainsi que nous aurons compris que la terre est belle et bien vivante, elle grouille même de vie dans ces régions!

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Avant défrichage

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Après défrichage

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