A la croisée des chemins

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Ko phi phi: les leçons du passé

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Sable fin, eau turquoise et montagne majestueuse

Tout le monde se souvient du 26 décembre 2004

Tout le monde se souvient de cette journée du 26 décembre 2004 au cours de laquelle un raz de marée a ravagé, entre autres, le littoral de la mer d’Andaman. Provoqué par un tremblement de terre dans l’océan indien, Il n’aura duré que quelques minutes. Ses trois vagues de 10 à 35 mètres auront pourtant détruit violemment toute l’industrie touristique du sud de la Thaïlande. Cette partie du monde est, en effet, le lieu de villégiature de nombreux occidentaux.

Et pour cause, les paysages naturels y sont magnifiques, paradisiaques, tout bonnement incroyables. Il nous manque la plume d’un grand écrivain pour décrire ces beautés et faire ressentir les émotions de ses admirateurs. Prenons l’exemple de l’ile de Phi Phi où nous sommes restés quelques jours: une eau turquoise, rafraichissante juste comme il faut, des montagnes de karst, recouvertes de végétations luxuriantes et impénétrables, qui se jettent majestueusement dans la mer. Une température chaude mais pas étouffante.

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La bande de sable habitable

Bref le lieu idéal pour passer de bonnes vacances. L’industrie cinématographique est aussi tombé sous le charme et utilise régulièrement ces décors comme lieu de tournage (“la plage”, “le James Bond de l’homme au pistolet d’or”, etc.).

Et pourtant, en 2004, alors que  la saison touristique battait son plein, passé les affres de la mousson, 5000 vacanciers auront péri lors de ce déchainement de la nature. A Ko phi phi, ils auront été un millier (locaux et étrangers) à être emporté par les vagues qui ont englouti la bande de sable habitable de l’ile. Hors tsunami, les deux parties montagneuses de l’ile sont reliées par une bande de sable d’une largeur de 150 mètres à peine.  La partie montagneuse est très peu habitée, sauf par quelques irréductibles agriculteurs  qui arrivent à supporter son climat étouffant et les bébêtes. Le tsunami aura ainsi donné l’illusion éphémère de deux iles.

Que reste-t-il des conséquences du tsunami, 7 ans après?

Sept ans après, quelles sont les traces de cette terrible catastrophe naturelle sur l’ile de Phi Phi?

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Prévention contre les excès de l'alcool

Il y a bien quelques panneaux indiquant une route d’évacuation dans les montagnes, en cas de nouveau raz de marée. Il y a aussi une immense sirène d’alarme devant prévenir les habitants de l’arrivée d’un nouveau tsunami. Et pour ne pas oublier les victimes, un bout de parc mémorial. A part ces quelques preuves, plus rien n’indique qu’un raz de marée meurtrier et destructeur a provoqué une table-rase de l’ile.

Les professionnels du tourisme avaient prédit une reprise de leur activité après une dizaine d’années, laps de temps nécessaire pour que les reconstructions soient achevées (plus de 2,7 milliards de dollars de dégâts sur l’ensemble des provinces touchées de Thaïlande) ou que les voyageurs osent revenir dans ces lieux devenus macabres.

Dans l’absolu, on ne peut que se réjouir de cette guérison qui ne date d’ailleurs pas d’aujourd’hui: des posts de voyageurs datant de 2006 témoignaient déjà de la vitalité de la reconstruction de l’ile. Après tout, les habitants de l’ile font ainsi preuve de leur capacité à surmonter les traumatismes du passé. Pourtant on ne peut qu’être un peu déçu par la démesure, la luxure et l’industrie touristique qui règnent toujours en maitres absolus sur l’ile, qui aurait largement pu se suffire à elle-même.

Les catastrophes naturelles ne peuvent rien contre la loi de l’offre et de la demande

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Sirène d'alarme anti-tsunami

Pourquoi faut-il toujours que ce scénario se répète irrémédiablement lorsque l’être humain est confronté à une merveille naturelle ou architecturale du passé? Il faut croire que l’on ne sait plus se “contenter” de longues marches sur la plage, de promenades dans la foret, ou encore de bouquiner sur le sable fin, les yeux perdus dans l’eau turquoise de la mer ou dans ces forets impénétrables. Non, il nous faut toujours plus, et encore plus, et plus tout court.

Les montagnes de karst empêchent l’exploration intérieure de l’ile et coupe ainsi l’accès à des plages magnifiques? Des centaines de taxi-bateau vous emmèneront où vous voudrez.

Besoin de relaxer du stress du boulot? Profitez des fameux massages thaïlandais que l’on trouve tous les mètres sur les plages de l’ile.

Besoin d’aventures et de sensations fortes? Venez explorer les fonds-marins du coin grâce à la dizaine d’écoles de plongées présentes sur l’ile.

Besoin de faire la fête? Le soir, les plages se transforment en discothèques géantes dans un capharnaüm invraisemblable. Tous les habitants de l’ile vous proposeront leur “seau garni” pour la préparation de vos cocktails préférés.

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Mémorial aux victimes du tsunami

Il pleut à Ko Phi Phi? alors il faudrait maintenant un starbuck pour pouvoir s’y réfugier le temps de l’averse!

Peut-on encore une fois blâmer le “système” et les multinationales? Les impitoyables lois de l’économie, celles de l’offre et de la demande, sont malheureusement là pour nous rappeler notre pêcher originel, qui a fait de nous les consommateurs d’aujourd’hui: s’il n’y avait pas de demandes, il n’y aurait pas d’offres! Et ça mêmes les catastrophes naturelles ne pourront pas nous l’enlever!

 

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