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Ce à quoi nous avons échappé… pour le moment!

murs-inondation

Muret de protection

Il n’est pas facile dans une situation d’urgence, ici les inondations qui touchent actuellement la Thaïlande d’avoir accès aux informations, qui plus est dans un pays dont on ne parle pas la langue et où l’on n’est qu’un simple touriste. Voici donc le déroulé de notre compréhension des évènements:

Samedi 8 Octobre: En posant les pieds à Bangkok, nous apprenons dans la foulée que le nord du pays est inondé. De l’intérêt de préparer son voyage en avance.

Dimanche 9: Au marché de Chatuchak, des bénévoles collectent des denrées pour envoyer aux victimes. Effectivement, ça a l’air plus sérieux que ce que l’on pensait.

Lundi 10: En se promenant dans le quartier des centres commerciaux, nous voyons d’étranges murs de sac de sable s’élever à l’entrée des magasins. Un éclair de génie nous traverse: se pourrait-il que Bangkok soit menacée?

Mardi 11: Ayutthaya, notre prochaine destination, est sous 1 à 2 mètres d’eau, les routes vers le nord sont coupées. Les indices se font de plus en plus évidents: Ayutthaya n’est qu’à 100Km de Bangkok.

Mercredi 12: Notre principale source d’information, l’office du tourisme, se veut rassurante: le gouverneur fera son possible pour nous protéger. Dans ce cas-là, si le gouverneur veille, nous voilà rassurés et pouvons dormir sur nos deux oreilles.

Jeudi 13: Notre hôtelier nous le confirme: Bangkok ne sera jamais inondée !

Vendredi 14: Les riverains ne semblent pas être de son avis  et bizarrement, les commerçants construisent des murs de parpaings devant leur pas de porte.

Samedi 15: “Bangkok menacée!” titre le Bangkok Post

Dimanche 16: “Bangkok n’est pas menacée!” en première page du quotidien anglophone. A priori, , nous ne sommes pas les seuls à ne pas savoir à quel saint se vouer.

Lundi 17: Le centre de la Croix-Rouge Thai est submergé par les bénévoles qui préparent des colis à expédier dans le nord.

Mardi 18: Aux abord de la rivière Chao Praya dans le centre historique, les premiers signes font leur apparition: quelques maisons et commerces ont les pieds dans l’eau.

Sac de sable - Protection des magasins

Sac de sable - Protection des magasins

Mercredi 19: Le Bangkok Post fait état de la cacophonie qui règne au niveau politique: la première ministre, le gouverneur et le maire bataillent par presse interposée pour savoir qui aura le droit et le privilège de déclarer l’évacuation de la ville. Ceci expliquant les titres contradictoires du week-end précédent.

Jeudi 20: L’opposition réclame l’état d’urgence qui permettrait de réquisitionner l’armée. La première ministre répond que ce serait donner trop de pouvoir à l’armée et que celle-ci en profiterait pour faire un coup d’état. Pas sur qu’ un tank dans une rue inondée soit vraiment fonctionnel. L’armée de son côté refuse poliment mais fermement, arguant  qu’en cas de catastrophe, elle en serait tenue pour principale responsable et préfère donc ne pas avoir à tenir le rôle de bouc-émissaire.

Vendredi 21: Des crocodiles sont retrouvés dans la ville, ils avaient fui d’une ferme d’élevage inondée quelques temps auparavant.

Samedi 22: Des murs plus hauts sont construits le long des berges.

Dimanche 23: Les premiers manques apparaissent: eau potable et médicaments sont les premiers touchés.

Lundi 24: Nous recevons le premier mail venant de France et qui s’inquiète de nous savoir en Thaïlande. Nous nous disons à nous-mêmes qu’un reportage a du passer aux JT.

Mardi 25: Conseil aux voyageurs met enfin sa page de conseils à jour.

Mercredi 26: La première ministre oblige Bangkok à ouvrir ses canaux pour faciliter l’évacuation des eaux du nord vers la mer. Où l’on comprend que les habitants du nord ont été sacrifiés pour ne pas que la capitale soit inondée.

Jeudi 27: Le gouvernement décrète un long week-end de vacances prolongeable pour permettre l’évacuation de Bangkok en douceur.

Vendredi 28:  A Kanchanaburi, nous voyons arriver les premiers réfugiés climatiques: les expats fuient Bangkok.

Samedi 29: Des riverains excédés  d’être trop longtemps restés sous les eaux détruisent les digues de protection pour permettre l’évacuation de l’eau,  mais par la même mettent en danger ceux en aval.

Dimanche 30: L’aéroport domestique est à son tour inondé. C’est d’autant plus bêta qu’il servait de centre d’hébergement pour les victimes des inondations et de centre de commandement des opérations.

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Le Chao Paray à Bangkok

Lundi 31: Le roi parle enfin. Il annonce qu’il ne veut pas de mesures de protection particulières, il laissera la nature faire son travail. Finalement, on préférait quand il se taisait.

Mardi 1 Novembre: Après l’épisode des crocodiles, on est plutôt rassuré de savoir les animaux du zoo évacués et en sureté.

Mercredi 2: Au final, l’Armageddon annoncé (hautes marées + inondations) n’a pas eu lieu.

Jeudi 3: Les expats rentrent chez eux. La presse prévoit une augmentation des prix des ordinateurs en 2012 puisque 25% des disques durs sont fabriqués en Thaïlande.

A ce jour, les inondations ont fait près de 9 millions de sinistrés et quelques 450 morts. Au delà du bilan humain et économique qui s’annonce lourd, les appréhensions se portent aujourd’hui sur de possibles famines à venir. La Thaïlande est le premier exportateur de riz au monde et la destruction des récoltes et des stocks (ainsi qu’au Laos et au Cambodge) mènera sans doute à des tensions sur le marché.

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