A la croisée des chemins

Le blog de notre tour du monde et de notre vie en Guyane

Sydney, Singapour, Kuala Lumpur, quelles différences?

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Kuala Lumpur

En posant le pied sur le continent asiatique, nous pensions voir voler en éclat tous nos repères culturels

En posant le pied sur le continent asiatique, nous pensions voir voler en éclat tous nos repères culturels, ne plus savoir comment nous comporter en société, ne plus communiquer avec autrui qu’avec les mains, les gestes, ne plus se nourrir que de bols de riz, etc. L’Asie du Sud-Est nous étant totalement inconnue, par conséquent, notre imaginaire avait développé à son égard un monde fait de maisons sur pilotis, de rizières, de dragons et d’éléphants blancs, de bonhommes aux chapeaux pointus, de circulations urbaines en tuk-tuk ou en vélo, de marchés aux multiples étals grouillant d’animations et de fumées odorantes!

Cependant, nos séjours dans les grands centres urbains que constituent Singapour et Kuala Lumpur, capitale de la Malaisie, et dans une certaine mesure Bangkok, nous ont fait douter d’avoir vraiment quitté Sydney: étions-nous vraiment dans les pays aux multiples religions, langues, cultures et à l’histoire millénaire, faite d’empires et de royaumes aux milles éclats? Nous avons alors vite compris que nous n’avions pas d’inquiétude à nous faire, tant que nous restions en ville, nos repères ne seraient pas trop bouleversés.

Nous pourrions plutôt admirer la toute puissance de la mondialisation

Au contraire, nous pourrions plutôt admirer la toute puissance de la mondialisation. Il ne manque rien du mode de vie occidental qui s’exporte bien partout. Il y a d’abord les preuves les plus évidentes de notre société d’abondance: les centres commerciaux gigantesques, les fast-food américains et autres chaines de café très prisées, sans oublier les marques de luxe à la française que l’on ne trouve guère qu’aux Champs Elysées en France mais que, bizarrement, nous retrouverons dans presque tous les centres commerciaux de Singapour et KL. Ce sont surtout les centres d’affaires qui nous font le plus ressentir cette uniformisation du monde et des cultures, avec la présence d’entreprises multinationales à la renommée bien connue et les banques d’affaires, tout ce beau monde bien à l’abri dans leurs immenses buildings de verre à l’air conditionné et aseptisé. Même si l’on ne peut s’empêcher d’être émerveillé par ses immeubles aux allures futuristes, on se sent en même temps comme étouffé, par le manque d’horizon et surtout par le rythme effréné qui se déroule dans ce théâtre de verre.

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Circulation à KL

Il y a d’abord la circulation automobile, lancées sur des 4 voies minimum et bien plus souvent des 6 voies, en plein coeur de la ville, les voitures ne sont pas enclines à la modération de leur vitesse. Surtout quand elles ont la voie libre, alors elles ne feront aucune politesse aux piétons. En cas de bouchons, fréquents sur les grandes artères, le concert de klaxon qu’elles orchestreront alors saura procurer des douleurs auditives même au plus sourd d’entre nous! Imaginez  le périphérique qu’on a tendance à rejeter à l’extérieur de la ville passant en plein milieu. Et ce n’est sans compter sur les lignes de métro ou de monorail aériens qui viennent ajouter une nouvelle strate. Quant aux humains, l’uniformisation a déjà commencé:  ils marchent tous très vite, lancés dans des conversations avec des interlocuteurs invisibles. Les filles sont évidemment les plus à plaindre car elles portent des talons tellement haut qu’on croirait des échasses, la marche devient alors un numéro permanent d’équilibriste. Mais qu’elles sont belles avec leur brushing, leur robe laissant découvrir leurs jambes fines et leur maquillage qui les aide à atteindre la perfection. Le plus important est d’avoir l’air pressé et de cheminer dans un but précis, sûr de soi. Même en marchant, il faut s’occuper, l’esprit, d’abord grâce au téléphone portable, mais aussi les mains avec les emplettes issues des centres commerciaux ou les cafés et autres nourritures à emporter.

Pour ce qui est de la réduction des inégalités sociales, la protection de l’environnement, ces valeurs deviennent d’un seul coup beaucoup moins universelles

Centre commercial à Singapour

Notre recherche “d’authenticité” et de dépaysement en ont pris un sacré coup! Et alors nous constaterons toute l’absurdité d’avoir accès à ces marques de richesse et de “développement”, quand, dans le même temps, nous ne pouvons boire l’eau du robinet, les égouts à ciel ouvert laissent échapper leurs odeurs putrides ainsi que les rats, les déchets sont entassés dans les décharges à ciel ouvert, les noires fumées des pots d’échappement manquent de nous étouffer, et surtout que seulement un pourcentage minime de gens ont accès à ce mode de vie.

C’est bien là où le bat blesse, ce sont toujours les valeurs matérialistes de nos sociétés qui s’exportent le mieux, mais pour ce qui est de la réduction des inégalités sociales ou de la protection de l’environnement, ces valeurs deviennent d’un seul coup beaucoup moins universelles… Ainsi que les voyageurs se rassurent, il demeurera toujours certaines spécificités culturelles, celles qui ont notamment trait aux droit des travailleurs ou aux droits de l’homme!

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