A la croisée des chemins

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Retraite studieuse à Horcon

Le village d'Horcon

C’est à Horcon, petit village de pêcheurs à une heure de Valparaiso, que nous avons choisi de poser les valises pendant une dizaine de jours pour actualiser le blog et préparer la suite du voyage en Asie.

Comment ne pas se sentir l’âme d’un “écrivain” avec l’océan pacifique pour panorama depuis notre studio? C’est en laissant perdre notre regard dans l’immensité bleue de l’océan et en écoutant le doux bruit du mouvement des vagues sur la plage que nous vient l’inspiration. Ce paysage est définitivement inlassable.

Notre espace de travail

Tous les jours le même rituel nous anime: travail studieux sur la terrasse, puis, en fin de journée, longue promenade sur la plage à admirer les pélicans se délecter de leur pêche du jour et à écouter le caquètement effrayant des cormorans. La balade se clôture par un majestueux coucher de soleil qui illumine le ciel, souvent nuageux en cette période d’hiver, de 1000 teintes de rouge.

Réveillés par les premières lueurs du jours qui inondent la pièce grâce aux baies vitrées, notre première pensée est pour l’océan: mer agitée, déchainée ou mer d’huile, tranquille? Puis notre regard se lève vers le ciel: notre champs de vision se limitera-t-il à quelques mètres ou pourrons-nous “espionner” René et Samy sur la plage de Quirilluca ou Ricardo dans le bureau de la Chinchinmén à Maitencillo?

Pélican

Sur la terrasse, nous partageons notre petit-déjeuner avec les pêcheurs du village, stationnés en face du studio, dans leurs petites embarcations de bois, à mettre des filets ou à les relever. De temps en temps, quand le coeur nous en dit, nous visitons les étals des poissonneries qui exposent la pêche du jour: merlu, oursins, crabes et autres fruits de mer. Pour varier les plaisirs, nous optons pour les délicieuses empanadas de crevettes, crabes, coquilles saint-jacques ou fruits de mer (elles sont deux fois plus grosses qu’en Argentine!) que l’on trouve partout. Le bonheur de nos papilles gustatives nous fera oublier qu’à quelques mètres seulement de la zone de pêche d’Horcon, le complexe industriel de Ventanas pollue allègrement l’environnement marin du coin.

Et puis il y a Horcon, ce petit village de quelques centaines d’âmes. Ses maisons aux couleurs vives ne sont pas sans rappeler Valparaiso, avec les collines et les ascenseurs en moins. Il paraitrait que le mouvement hippie chilien y aurait débuté. Nulle trace subsiste de cette époque, si ce n’est quelques artistes aux cheveux longs et la clope au bec qui trainent par ci, par là. Le lieu de rassemblement préféré des villageois d’Horcon n’est pas la place de l’église mais la plage avec pour bancs publics les planches de bois des bateaux des pêcheurs. C’est le meilleur poste d’observation pour le va-et-vient de ces derniers qui bravent tous les jours les caprices de l’océan.

1000 teintes de rouge

Il y a Horcon la semaine et Horcon le week-end, deux visages totalement différents. Déjà, le vendredi soir l’ambiance se transforme, il y a comme de l’électricité dans l’air, comme si le village se réveillait peu à peu de sa torpeur de la semaine.

Le week-end, les poissonniers font des efforts pour ces gens de la ville (Valparaiso ou Santiago): ils filent leurs poissons, cuisent leurs tourteaux, vont même jusqu’à les décortiquer, et préparent de délicieux ceviche (carpaccio de poissons), alors que la semaine, il faut se contenter de vider le poisson et cuire les crustacés.

Un pêcheur en plein travail

Le week-end, c’est le défilé de grosses voitures, toutes plus imposantes les unes que les autres. La circulation de l’unique rue du village est même organisée par un agent de la commune, alors que la semaine on peut déambuler sur la route sans être dérangé par le klaxon d’un 4*4.

Le week-end, des étals d’artisanat s’installent dans tous les recoins du village, alors que la semaine, il n’y a guère que les épiceries qui font l’effort d’ouvrir leurs portes, fidèles pourvoyeuses des habitants du village.

On a du mal à imaginer Horcon l’été, en saison haute. Ses plages étroites ne laissent pas présager la horde des vacanciers que l’on nous a conté. Pourtant, les multiples offres de cabañas (chambre équipée) sont bien la preuve de cette affluence.

Toute bonne chose ayant une fin, il nous faut maintenant rejoindre Santiago.

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