A la croisée des chemins

Le blog de notre tour du monde et de notre vie en Guyane

Je déteste les aéroports

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Passage d’avions

Que l’on ne se méprenne pas, je ne suis pas contre l’avion comme mode de transport. Même s’il n’est pas “eco-friendly”, nous étions bien contents de trouver un vol entre Santiago du Chili, notre dernière étape en Amérique du Sud, et Singapour, notre porte d’entrée pour l’Asie du Sud-Est. Les cargos acceptant les passagers entre ces deux destinations ne courent pas les mers, et pour trouver une solution, il nous aurait sans doute fallu remonter jusqu’au canal de Panama pour deux mois de traversée et donc deux mois de retard supplémentaire. Et dans ce cas, on n’imagine pas combien les pressions familiales peuvent parfois nuire à l’écologie !

Ces 30 heures de vol auront été pour nous l’occasion de transiter dans plusieurs grands hubs internationaux comme Buenos Aires, Sydney ou Singapour. Il est toujours agréable de passer par un aéroport, synonyme d’invite au voyage: observer le va-et-vient des voyageurs de tous les pays du monde, rêvasser devant les panneaux d’affichage des départs et arrivées en se disant :”un jour, j’irais”, deviner les langues parlées autour de nous, etc… Ce tour d’horizon aéroportuaire nous aura cependant projeté de plein pied dans une réalité que nous avions quelque peu mise de côté. Un véritable “choc de civilisation” après nos quelques mois en Amérique du Sud et nous nous rendons amèrement compte combien certains des territoires que nous avons foulés étaient  “hors du temps”.

Car il faut avouer que je déteste les aéroports, ils réunissent les défauts les plus grossiers de nos sociétés contemporaines: l’ultra-sécurité et l’hyper abondance matérielle.

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Panneaux d’affichage

On pensait encore naïvement que les aéroports n’étaient que des salles d’attentes avant le décollage, mais non! Les aéroports récents et/ou de cette partie du monde sont aujourd’hui d’immenses centres commerciaux. C’en est fini du temps où l’on était curieux – et un peu content, il faut l’avouer – de se balader dans les quelques boutiques “duty free” à la recherche du parfum moins cher. Aujourd’hui, si vous le souhaitez, vous ne verrez plus passer les heures d’attente avant embarquement. Vous pourrez vous gaver de mal bouffe dans une dizaine de “restaurant” différent mais appartenant à ces multinationales si connues, jouer à la playstation dans un salon dédié, vous re-faire une garde-robe et une beauté et user vos semelles dans les autres nombreuses boutiques… On avait presque failli oublier combien le droit de consommer est une liberté fondamentale dans nos sociétés et que nos gouvernements s’inquiètent plus de notre “pouvoir d’achat” plutôt que d’autres problématiques plus sociales (accès à l’éducation, la santé, etc.).

Cependant, avant de pouvoir pénétrer dans les temples du consumérisme, il faudra avoir réussi le test du poste de sécurité! A être fouillé et les bagages passés au peigne fin des rayons X, on ne peut s’empêcher de cogiter sur les risques d’attentat, on regarde ses voisins avec suspicion, etc. L’excès de sécurité tue le sentiment de sécurité en quelque sorte.

Parfois, un brin tête en l’air, on oublie un objet métallique dans une de ses poches et on a alors droit à tous les “égards” de la part des agents de sécurité. Vous n’êtes plus seulement suspect à leurs yeux mais maintenant coupable! Même en transit, on ne vous épargnera pas l’examen du portillon de sécurité.

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Avion!

Mais le pire restait à venir. A Sydney, après nos 22 heures de vol, dont une bonne dizaine à être malade… nous avons eu le droit à un interrogatoire par la police de l’immigration. Elle trouvait impensable que l’on puisse vouloir rester seulement trois jours dans leur pays-continent! Du coup, on a du un peu raconter notre vie (ça ne les a pas passionné tant que ca)… Puis rebelote, fouille en règle des bagages, cette fois-ci ce sont nos chaussures de randonnée qui ont attiré l’œil des douanes: la peur de la pollution par des espèces étrangères à partir de la terre coincée entre les crampons…

Heureusement, l’arrivée à Singapour aura redoré quelque peu la réputation des aéroports. Après 3 heures de retard et une arrivée à 2 heures du matin, il n’était plus possible de se rendre chez notre hôte couchsurfer. Comme tout est ouvert H24 dans l’aéroport, nous avons pu nous poser dans un café et végéter jusqu’au lever du jour. La société d’abondance a parfois du bon…

 

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