A la croisée des chemins

Le blog de notre tour du monde et de notre vie en Guyane

Explorer l’île de Pâques à vélo

Notre nouveau compagnon de route

Notre nouveau compagnon de route

Même si vu du ciel, l’île de Pâques n’est qu’un caillou au milieu de l’océan Pacifique, du haut de notre humble personne, ses 24 kms de long et 12kms de large ne pouvaient être explorés à pieds même en 10 jours, la durée de notre séjour.

Pour ne pas trop s’éloigner de notre personnage d’écolo converti, nous avons opté pour le vélo comme moyen de déplacement. Ce serait l’occasion de faire un peu de sport et de renouer avec notre passé de cyclistes parisiens.

Titillés par la publicité de notre guide “avec ses paysages spectaculaires (…) l’île de Pâques est un fabuleux terrain de jeux pour les deux roues”, nous nous sommes convaincus du bien-fondé de notre décision. Malheureusement pour nous, nous comprendrons trop tard combien cette propagande était mensongère. Alors que nous avions dévoré “Effondrement” de Jared Diamond, ces petites phrases: “l’ile est venteuse (…) à cause du vent, les fruits tombent avant maturité, etc.” auraient bien du nous mettre la puce à l’oreille! Et comment imaginer qu’avec son altitude maximale de 509 mètres, la topographie de l’île aurait eu raison de nos mollets?

Chemin cahoteux

Chemin cahoteux

Et dans notre empressement à mettre en œuvre ce plan diabolique, nous avions loué les vélos pour 5 jours! C’est sûr, on nous punissait d’avoir réalisé ce détour en avion, alors que nous avions juré de “voyager autrement”!

Le premier jour, nous avons eu les yeux plus gros que le ventre:  parcourir les 26 kms (aller-retour) de la côte Sud et visiter la carrière de pierres des Moai étaient au-dessus de nos forces. C’est que nous n’avions pas encore mesuré à quel point le vent soufflait fort et combien la topographie de l’île était vallonnée. C’était chose faite… Du coup, nous avons du rentrer dans la nuit par les petites routes, éclairées à la lampe frontale.

L'Ahu Tongariki et ses 15 moais

L’Ahu Tongariki et ses 15 moais

Le deuxième jour, les fesses encore endolories des efforts de la veille, nous avons opté pour un itinéraire moins gourmand en distance, mais nous attendaient alors les chemins de terre cahoteux des routes secondaires de l’île…

Le troisième jour, nous avons essayé de ruser: en traversant les forets d’eucalyptus en plein cœur de l’île, nous serons protégés du vent! Mais c’était avoir déjà oublié la topographie vallonnée de l’île que l’on ne peut esquiver nulle part!

Le quatrième jour, nous avons pris notre mal en patience, il nous a fallu pédaler à nouveau les 26 kms aller-retour de la côte Sud pour visiter une plateforme de 15 statues que nous n’avions pas eu le temps de faire le premier jour.

Le cinquième jour, nous avons enfin trouvé le circuit idéal: celui qui nous obligeait à longer la côte Nord sans aucun chemin de terre, ni sentier balisé! Nous n’avions pas d’autre choix que d’abandonner dans un coin notre nouveau compagnon de route…

Paysage spectaculaire

Paysage spectaculaire

En plus de tous ces malheurs, il nous a fallu supporter l’arrogance de ceux qui se déplaçaient en véhicule motorisé. Comme ce couple d’allemands qui nous klaxonnait en riant dès qu’il nous croisait sur leur route. “On s’est déplacé en vélo la veille mais aujourd’hui on a opté pour la voiture, on n’avait pas envie de se prendre la tête”. Ou encore ce couple de chiliens, transits d’amour, en posture ridicule sur leur quad. Nous avons ri sous cape lorsque nous les avons croisé plus tard, en panne, à déplacer péniblement leur boulet de quad (ne vous inquiétez pas pour eux, nous les avons revu le lendemain en parfaite santé).

Enfin… nous avons juré de nous venger, lorsque, enfin libérés de notre croix, notre vendeur nous a avoué ne jamais louer de vélos sur une “aussi longue période”…

1 Discussion on “Explorer l’île de Pâques à vélo”
  • effectivement le vent est l’ennemi n°1 des cyclistes. l’aspect des arbres donne une idée du phénomene.
    l’etat des « routes » ou des chemins n’a pas l’air tres engageant.il faut comprendre le loueur de velos:ce n’est pas tout les jours qu’il a des pigeons ecolos!

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