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L’or blanc de Bolivie

Salar de Uyuni

Salar de Uyuni

L’or blanc c’est le lithium, le plus léger des métaux. Il est utilisé dans les piles des petits appareils électroniques (dont téléphone et ordinateur portables).  A l’approche de la fin du tout pétrole, il pourrait bien voler la première place à cet or noir, en étant utilisé dans les batteries des voitures électriques. Cette ressource se révèlerait donc une manne financière incroyable pour le pays le plus pauvre d’Amérique du Sud.

Il y a quelques années, des sondages dans le désert de sel de Uyuni ont révélé la présence importante de lithium, la presse internationale s’était alors empressée de parier sur la Bolivie, elle allait devenir “le Moyen Orient du lithium” ou encore “l’Arabie Saoudite du Lithium”, etc.

C’est qu’il paraitrait que les réserves en lithium du salar, estimées à 5 millions de tonnes, représenteraient la moitié des réserves mondiales! Qu’elles pourraient produire les batteries de 5 milliards de voitures électriques! Le salar est en effet gigantesque, d’une superficie de
12 000 km2 (soit l’équivalent de l’Ile-de-France), d’une épaisseur pouvant aller jusqu’à 125 mètres, il est situé dans l’Altiplano bolivien à une altitude supérieure à 3 600 mètres.

Depuis cette découverte que s’est-il passé?

La création d’une usine pilote, 100% bolivienne, en plein désert de sel de Uyuni, en 2009, qui expérimente des techniques d’extraction du lithium dont l’exploitation est prévue pour 2014.

D’aucuns diront que la Bolivie ne va pas assez vite, n’est pas assez efficace et que son entêtement à refuser “le partenariat” des multinationales qui ont l’expérience et l’expertise technique, comme Mitsubishi ou Bolloré, lui fera perdre sa place sur le marché mondial.

C’est qu’il existe bien d’autres gisements de lithium dans le monde (Argentine, Mexique, Chine, Chili). De fait, il n’y a qu’un volcan de près de 6000 mètres d’altitude, le Licancabur, qui sépare le désert de sel bolivien du salar d’Atacama au Chili, le deuxième gisement mondial de lithium. A la différence que le Chili, lui, a commencé son exploitation depuis de nombreuses années et ce sont quelques milliers de personnes qui travaillent tous les jours dans la mine à ciel ouvert à extraire environ 12 000 tonnes par an, pour représenter 40% de la production mondiale.

Pourtant la stratégie d’Evo Morales est louable: les retombées financières de l’or blanc doivent servir à sortir les boliviens de la pauvreté. L’objectif pour Evo Morales est aussi de créer autour de l’extraction, une filière industrielle de construction de batteries et de voitures électriques pour que le lithium soit transformé sur place et non pas exporté à l’état brut. Et comment lui tenir rigueur de cette méfiance vis-à-vis des entreprises étrangères, au regard de l’Histoire de son pays marquée par le pillage étranger de ses ressources naturelles (argent de Potosi, gaz naturel, etc.)?

La question environnementale n’est pas non plus absente du débat. Moins d’un an après le vote d’une loi sur les droits de la Terre-Mère, le Président Bolivien doit démontrer qu’elle n’est pas qu’une déclaration d’intention, mais une stratégie de développement durable du pays.

 

 

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