A la croisée des chemins

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Les oubliés des guides: San Francisco

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Rue du village de San Francisco

700 habitants / 1 600 mètres d’altitude

Histoire:

Créé officiellement en 1975, le village de San Francisco existe depuis un siècle environ. Il était à l’époque composé de quelques maisons éparses, sans eau courante, ni électricité. La création d’une route en latérite – route en terre – reliant, entre autres, San Francisco à Libertador General San Martin, ville la plus proche de 50 000 habitants, a fortement contribué au développement du village, par abandon des hameaux environnants qui ne sont, encore aujourd’hui, accessibles qu’à cheval ou à pied. La croissance du village dépend cependant des processus d’expropriation en cours de grandes propriétés foncières qui sont nombreuses dans la région.

Aujourd’hui San Francisco est un village de 700 habitants dont 80% de la population vit de l’élevage de bovins pour la viande, ce qui explique qu’entre janvier et avril, la plupart des habitants sont dans les pâturages de montagnes (à partir de 2 500 mètres)! De temps en temps, on voit descendre par les chemins de transhumance des vaches pour l’abattoir. Quant à l’activité des autres habitants, 10% sont des employés de la municipalité, 5% sont des commerçants et 5% sont sans emploi, même si chacun a ses poules, cochons et cultive son potager (maïs essentiellement), de façon à ne pas être trop dépendant de la ville. Il ne faut d’ailleurs pas s’étonner de voir des poules se balader, en toute liberté, un peu partout dans le village et même dans les restaurants!

Malgré des progrès en matière de services collectifs (eau courante, électricité, deux églises, une école primaire, un lycée, un terrain de foot et de basket), le village demeure isolé sans téléphone, ni internet ce qui complique vraisemblablement les projets de développement touristique de la zone. De plus, il reste encore à faire en terme de traitement des déchets (les déchets sont ramassés trois fois par semaine en tracteur mais on ne sait pas trop où terminent leur vie), d’assainissement des eaux usées (nous avons vu de nombreux écoulement d’eaux usées de robinet terminer dans la basse cour pour abreuver les animaux), des services de santé (il n’y pas de médecin), etc…

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Chaque village a son terrain de foot

Quelques habitants ont cependant décidé de prendre leur sort en main et ont créé une association de micro-crédit. Les associés cotisent un faible montant toutes les semaines (peut-être 1 € par semaine) et l’argent accumulé sert à financer des projets de particuliers dans le village (aménager des chambres d’hôtes, acheter un nouveau cheval, de la peinture, etc.).

Orientation:

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La Pachamama, vedette locale

Le village est encore en développement ce qui fait qu’il n’y a pas de nom de rue, mais il est facile de se repérer, grâce à la statue de la Pachamama (la terre-mère) qui se trouve au centre du village et est visible de partout. San Francisco est assez étendu, il ne faut pas se décourager de descendre et monter pour le parcourir!

Office de tourisme:

Il existe un office de tourisme dans le village qui est ouvert uniquement quelques minutes à l’arrivée et au retour du bus journalier qui traverse la zone. Il est tenu par Valentin, un ancien du village, retraité de la plus grande industrie agro-industrielle du coin (Ledesma, entreprise qui produit, entre autres, du papier à partir de la canne à sucre).

Les services touristiques sont cependant quasiment inexistants, c’est justement l’objet de nombreux projets d’ONG qui agissent dans la zone (dont Pro-yungas): développer le tourisme rural pour apporter un revenu complémentaire aux familles du village et améliorer ainsi les conditions de vie qui sont, il faut l’avouer, assez rustiques.

Mais vous pouvez trouver auprès de Lalo Cruz (aller au télécentre pour le trouver) quelques idées d’excursions (voir ci-dessous) ou auprès de Nico, qui tient l’auberge “Los ocultos”.

Commerces:

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Les commerces de San Francisco

Il y a quelques commerces dans le village, à vrai dire presque toutes les maisons ont ouvert une petite épicerie avec trois fois rien ramené de la ville mais qui peut dépanner son voisin ou le touriste non avisé qui pensait trouver tous les services de la ville dans un petit village perdu dans la foret!

Vous trouverez évidemment de nombreuses boucheries, la viande étant la principale production du village. Tous les autres produits sont en fait importés de la ville, ce qui fait que les prix sont plus élevés.

Argent:

Il n’y a pas de banque, il faut donc prévoir suffisamment de liquide (compter 100 pesos par jour et par personne pour le logement et la nourriture et prévoir plus pour les excursions).

A voir:

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L’une des deux églises de San Francisco

Dans le village, il ne faut pas rater la statue de la Pachamama! San Francisco serait le seul village du coin à avoir ériger une statue en hommage à la “terre-mère”. Un hommage est rendu à la terre-mère tous les 1er août suivi d’un bal populaire.

L’intérêt de visiter San Francisco réside surtout dans la multitude de sentiers de randonnées qui permettent d’explorer la biodiversité incroyable des “yungas”.

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végétation luxuriante

Même si les sentiers ne sont pas balisés, ils restent tout à fait visibles du fait qu’ils soient empruntés régulièrement par les habitants des yungas dans leur vie quotidienne (il s’agit en fait des chemins de transhumance, transformé à l’occasion en sentier de randonnée). Ainsi, en cas d’arrivée brusque (et fréquente) de nuages, vous ne pourrez pas vous perdre!

Pour les sentiers d’une journée, vous n’avez pas besoin de guide (sauf pour celui des “aguas calientes”):

1. Le sentier de la cascade: compter 3 heures aller-retour.

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la jolie cascade

Une pancarte vous signale l’entrée du sentier, mais elle est déjà bien éloignée du village… demander donc votre route à quelqu’un. La randonnée est très facile (pas de dénivelé) et vous êtes plongés de suite dans l’univers des “yungas” : végétation luxuriante, faune incroyable, si vous aimez observer les oiseaux, vous serez ravis! Mais, SVP, contactez-nous si vous avez réussi à prendre en photo les perroquets du coin, avec nous ils s’envolaient dès qu’on s’approchait à moins de 150 mètres!

2. Le sentier de la cruz mayor: compter 3 heures aller-retour.

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La Cruz Mayor

A partir de l’abattoir, emprunter le sentier qui mène à Alto Calilegua. C’est le chemin de croix du village et la montée est bien ardue! Mais cela vaut la peine car, quand le ciel est dégagé (ce qui n’arrive pas très souvent), vous pouvez voir un panorama sur le village, sur les montagnes de forets et sur les montagnes plus hautes de la quebrada de Humahuaca qui sont arides. Le contraste est saisissant!

3. Le sentier du Rio: compter 3 heures aller-retour

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Et la rivière au fond de la vallée

Le départ du sentier se trouve à Pena Alta, à une dizaine de km du village, vous pouvez vous y rendre en bus, celui qui traverse la zone tous les jours depuis Libertador à Valle Grande. Départ 11h de San Francisco pour un retour vers 16h à Pena Alta. Le sentier est emprunté par les randonneurs courageux qui viennent depuis Tilcara (compter 5 jours de marche, guide conseillé). Il mène à une rivière et donne un joli point de vue en contrebas des yungas. Vous pouvez aussi vous baigner si l’envie vous en dit.

4. Le sentier du Duraznillo: compter 7 heures aller-retour avec un dénivelé de 1000 mètres.

C’est la randonnée la plus dure! Il faut prendre le même sentier que celui de la cruz mayor et suivre tout simplement le sentier qui continue. C’est le chemin de transhumance du bétail qui va paître l’été dans les pâturages d’altitude. Le Duraznillo se situe à 2 500 mètres et vous vous trouverez au-dessus des forets dans une prairie dégagée. La vue doit être imprenable sur les yungas et la quebrada… si vous êtes chanceux et que le temps est dégagé… Qu’importe! Vous croiserez des gauchos à cheval qui descendent des vaches pour l’abattoir du village ou des enfants à cheval qui vont à l’école, bref le sentier est assez emprunté par les gens du coin.

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1000m de dénivelé pour voir des nuages !

Il existe un dernier sentier d’une journée que nous n’avons pas expérimenté faute d’avoir trouvé un guide, il s’agit du sentier des eaux thermales.

Enfin, si vous êtes courageux, vous avez la possibilité de faire des trecks de plusieurs jours comme celui du Alto Calilegua (3 jours) ou celui de Tilcara (5 jours).

Où se loger:

Il y a de nombreux logements dans le village, les projets d’ONG de développement du tourisme rural ayant dû circuler dans le tout le village, de nombreux habitants ont donc aménagé une ou deux chambres d’hôtes dans leur maison. Vous partagerez donc salle de bain, cuisine et salon avec les habitants, ce qui rend l’expérience dans le village d’autant plus enrichissante. Cependant, ne vous attendez pas à un confort et une literie mirobolante, les conditions d’hébergement sont aussi rustiques pour les touristes que pour les habitants!

Nous avons logé à “l’hospedaje San Francisco”, très bonne adresse où vous serez accueilli par Walter (le fils de Jacinto) et Rosana, un couple de jeune qui a décidé de changer de vie en s’installant dans le village. Ils ont deux adorables petits rejetons (Aimes, 7 mois et Atuel, 2 ans). Ils sont très ouverts et adorent discuter avec les touristes, et ce pour la modique somme de 30 pesos par personne, sans le petit déjeuner.

Mais sinon, il y a aussi l’auberge “Tia Carola” (60 pesos (10 €) par personne avec petit déjeuner) ou à côté, l’auberge “los occultos” (30 pesos (5€) par personne).

Où se restaurer:

Il y a quelques restaurants disséminés un peu partout dans le village. Nous vous recommandons vivement le “comedor” de Jacinto qui se trouve juste à gauche en descendant du bus. Vous pourrez y déguster de délicieuses milanesa de viande ou de poulet accompagné de purée, riz ou salade, pour la modique somme de 20 pesos, ou encore les délicieuses empanadas de viande cuites au feu de bois (18 pesos la douzaine) ou enfin, le plat régional, les humitas pour 4 pesos avec le maïs du jardin! Avec un peu de chance, vous pourrez même assister à un cours de cuisine, n’hésitez pas à demander! Le « comedor » est aussi fameux pour ses “bollos” (pain rond cuit au feu de bois), qui sont délicieux surtout trempés dans le café le matin.

Où prendre un verre et sortir:

Vous êtes dans un village de 700 âmes perdu dans le foret, composé essentiellement de paysans qui travaillent dur toute la journée, ne vous attendez donc pas à trouver des bars où sortir! Cependant, vous pouvez aussi tranquillement déguster des sodas des plus classiques, du vin bon marché ou de la bière, en regardant la télé dans les mêmes restaurants où vous aurez mangé! Avec un peu de chance, vous pourrez regarder un match de foot qui amènera du monde et de l’animation, sinon vous serez tout seul à regarder des jeux de téléréalité

Depuis/vers:

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Et voilà le seul bus qui vous relie au monde extérieur

La zone sud de la réserve de biosphère des Yungas est desservie par un bus qui part tous les matins depuis  la gare routière de la ville de Libertador General San Martin (aussi dénommée Ledesma) à 8h30. Ne pas le rater car il n’y en a pas d’autres dans la journée! Deux compagnies de bus alternent le trajet: “24 de agosto” ou “23 de septiembre”. Les billets s’achètent directement dans le bus (prévoir de la monnaie: le billet aller est à 17 pesos). Le trajet jusqu’à San Francisco dure deux heures et demi sur une route en latérite et il ne faut pas avoir le vertige! Mais le paysage vaut la frayeur! Vous pouvez continuez jusqu’à Valle Grande, la capitale du canton de Valle Grande, à 2 600 mètres d’altitude, à 2h30 de San Francisco.

Pour le retour à Libertador, le même bus repart tous les jours à 17 heures de San Francisco.

Il est déconseillé de visiter les Yungas pendant la saison des pluies entre janvier et mars, les fortes pluies rendent la route souvent impraticable et des éboulements de terrain sont fréquents.

Sur internet:

Alojamiento Los Ocultos

Producto Yungas: San Francisco

Producto Yungas: Association Atucoque

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