A la croisée des chemins

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Les transports publics au Sénégal

Après l’électricité et les problèmes rencontrés par la Sénélec, nous nous penchons aujourd’hui sur l’état des transports en commun au Sénégal.

Le mystère du réseau des transports en commun en ville

Commençons par le début : Dakar! On a beaucoup utilisé le taxi, il y en a partout, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Il faut négocier la course, c’est pourquoi il est préférable de connaitre la distance et les prix pratiqués avant de se lancer dans la palabre. Avec notre statut de “toubab” (désigne les “blancs” au Sénégal), les prix proposés sont souvent bien au-dessus du prix du marché. Le prix moyen d’une course est de 2 000 FCFA (3 euros). Les taxis sont reconnaissables par leur couleurs jaune et noire ou seulement jaune pour les plus récents.

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Notre taxi en panne sur le bord de la route

Il existe une alternative au taxi officiel: le taxi clandestin ou “Clando”. Indiscernable de la voiture du particulier, ce moyen de transport reste pour nous un mystère. A priori, cela fonctionne comme un taxi normal mais c’est moins cher que gratuit! Reste à savoir où le prendre.

En dehors du taxi, il y a de nombreux transports en commun: les bus, les cars rapides, les Ngiaga ndyaye. Tous ces véhicules sont gérés par des sociétés différentes, voire par des particuliers. Ainsi, pour les non-initiés, comme nous, il est assez complexe de comprendre le réseau de transport en commun de Dakar: pas de plan du réseau, pas d’arrêt identifié, pas d’horaire! Ce sont pourtant des moyens de transport très économiques (environ 100 F CFA la course, soit 15 cents d’€).

Nous comprendrons, trop tard, qu’il faut se lancer, demander, explorer, se perdre pour réussir à s’y repérer! Mais prendre le taxi est aussi une aventure!

Les taxis-brousse: des grands moments d’inconfort

Lors de nos longs déplacements à l’intérieur du pays, nous avons utilisé les taxis-brousse: grand moment d’inconfort!

Ce sont des vieilles peugeot 504 break qui prennent 7 voyageurs (en plus du chauffeur). Elles sont disponibles dans les gares routières dont l’ambiance mérite d’être contée: il faut en général s’y rendre tôt (7heures du matin) pour éviter les bouchons des centres urbains, le jour commence à se lever petit à petit. On découvre alors un immense parking avec des centaines de voitures attendant ses voyageurs, une multitude de vendeurs ambulants qui t’interpellent pour te vendre tout et n’importe quoi (j’ai vu des guirlandes Noël en plein mois de février!). La gare est déjà très animée, alors que toi, tu sors à peine de ton lit!

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Transport en commun décoré avec soin

Dans ce méli-mélo de voitures et d’êtres humains, il faut partir à la recherche du 7 places qui t’emmènera à ta destination! Ce n’est pas une mince affaire: pas de pancarte, ni de panneau d’affichage, encore moins des hauts parleurs t’annonçant les départs! Il faut se fier à la connaissance des uns et des autres qui te guideront au bon endroit (moyennant une petite contribution). Bien souvent les chauffeurs sont associés à des rabatteurs qui guident les clients, facilement perdus dans ce labyrinthe de voitures. On a du mal à faire confiance, mais on n’a pas vraiment le choix!

Contrairement aux taxi en ville, les prix sont règlementés mais la négociation existe quand même pour le choix de la place: le grand confort (place à côté du chauffeur), le confort (place du milieu, où on peut étendre convenablement ses jambes) ou l’inconfort total : places du fond qui sont en fait une banquette dans le coffre, on y est donc accroupi, les genoux repliés sur soi, bref pas moyen d’être bien!

Après avoir voyagé comme ça pendant 5 heures entre Dakar et Toubacouta, pour les déplacements suivants nous apprendrons à négocier, voir à préférer attendre le prochain taxi! Notre grande fierté: pour notre dernier déplacement entre Saint-Louis et Dakar, Guillaume était assis à côté du chauffeur!

Evidemment, le taxi ne se met en branle que s’il est plein! C’est pourquoi il faut bien choisir ses heures de départ pour toujours trouver des voyageurs. Pour les taxi 7 places, nous n’avons guère attendu plus d’une demi-heure à chaque fois…

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Enfin le dernier passager, on va pouvoir partir!

Où il faut apprendre à attendre des heures que le bus soit plein pour partir

Ce qui n’était pas le cas pour un autre moyen de déplacement, de petite distance cette fois-ci, le Ngiaga ndyaye. C’est un mini-bus qui transportent 25 personnes et autant que sa hauteur en marchandises sur le toit! Ce n’est vraiment pas un moyen sûr de se déplacer, avec le poids de la marchandise et des êtres humains, il peut se renverser facilement sur les routes parsemées de nids de poule. Cependant, on en trouve partout… mais pas tout le temps! Pour nous rendre de Toubacouta à Kaolak, alors qu’on nous avait assuré qu’à partir de 6 heures du matin, il y aurait un défilé incessant de mini-bus au goudron (la route asphaltée quoi!)… nous avons attendu 1 heure et demi le fameux mini-bus! A tambacounda, alors que nous voulions explorer la zone autour du fleuve Gambie, nous avons attendu deux heures à la gare routière que le bus soit plein (pour une heure de trajet)!

Autre moyen de transport “longue distance” : le bus. Nous l’avons utilisé entre Tambacounda et Dakar, de nuit. La devise de la société de transport était “confort et ponctualité” pour rivaliser avec les taxis-sept places dont on ne connait pas l’heure de départ ni d’arrivée. Pour ce qui est de la ponctualité, c’est tout à fait exact: nous sommes partis à 22h pour arriver à 5h du matin, pour ce qui est du confort… Guillaume vous en parlera, ainsi que mes mollets criblés de piqures de moustiques! Finalement, nous sommes soulagés de ne pas avoir tenté l’aventure de relier Dakar et Bamako en bus en 48h…

Dans certains villages ou villes ayant peu de goudron (Toubacouta et Tambacounda), il existe un autre moyen de transport efficace et économe en carburant : la moto-taxi, dénommée “Djakarta”, car importée d’Asie. Très pratique pour les petites distances (quelques km sur du sable), un peu moins pour des distances plus longues sur routes goudronnées en pleine nuit (gloups)…

Dans la région de Sine-Saloum, faite de delta et d’îles, nous avons beaucoup utilisé la pirogue, notamment pour nous rendre sur l’île de Bamboung … ou encore pour traverser le fleuve Sénégal entre l’île Saint-Louis et le continent lorsque le pont Faidherbe est fermé!

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Pirogue de pêcheur

La qualité des transports en commun dépend surtout… de l’état de la route!

Et… à titre d’anecdote, nous avons utilisé une charrette tirée par un âne pour nous rendre au campement éco-touristique de Keur Bamboung. Cependant, la charrette tirée par des chevaux est un moyen de transport très fréquent autant dans les villages que dans les villes (et ce ne sont pas que des attractions pour touristes).

Quant au train, il existait plusieurs liaisons ferroviaires au Sénégal (Dakar-Saint-Louis et Dakar-Bamako), mais ces lignes ne fonctionnent plus pour les transports de passagers… Il paraitrait qu’une société Belge serait en train d’investir pour remettre à niveau la ligne.

Tous ces moyens de transport, la plupart mal point car souvent de seconde main, importés d’Europe, se partagent le réseau routier sénégalais dont la qualité est dirons-nous inégales en fonction de la participation ou non de l’aide internationale à la réfection des routes… Certains tronçons ne sont que nids de poules, trous béants dans lesquels le sens de circulation n’est plus à droite mais celui qui permettra d’éviter les trous! D’autres sont très confortables, ce qui rend d’autant plus insupportable les tronçons à nids de poule!

En conclusion, nous voulons rendre hommage aux nombreux sénégalais qui empruntent quotidiennement ces différents moyens de transport pour travailler, sans broncher ni s’énerver!

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